Urgences au Burkina Faso : défenseurs des droits humains disparus

disparition forcée de deux militants des droits humains au Burkina Faso

©Balai citoyen

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APPEL À L’ACTION URGENT

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, en collaboration avec la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), lance un appel urgent concernant la situation alarmante au Burkina Faso.

contexte : enlèvements de défenseurs des droits humains

Amadou Sawadogo, membre actif du mouvement citoyen « Balai citoyen » et responsable dans la région du Centre, ainsi que Miphal Ousmane Lankoandé, sociologue et secrétaire exécutif de ce même mouvement, ont été victimes d’enlèvements et de disparitions forcées. Fondé le 25 août 2013, le Balai citoyen milite pour une société burkinabè juste, intègre et démocratique.

Le 20 mars 2025, Amadou Sawadogo a été convoqué au service régional de la sûreté de l’État à Ouagadougou. Lors de cet interrogatoire lié à ses prises de parole critiques sur les réseaux sociaux, il a été contraint de révéler les adresses de deux autres militants désormais en clandestinité. Le lendemain, après une seconde convocation, il a disparu sans laisser de trace, sans que les autorités ne fournissent d’explications.

Quant à Miphal Ousmane Lankoandé, il a été enlevé le 30 mars 2025 vers 11h45 devant son domicile dans le quartier Karpala à Ouagadougou. Il revenait alors de Cotonou, où il avait participé à une formation sur l’activisme. Des hommes armés se présentant comme des gendarmes l’ont intercepté devant son épouse. Malgré les démarches répétées des avocats auprès des institutions, aucune information n’a été communiquée à son sujet.

À ce jour, leur localisation et leur sort restent inconnus, plongeant leurs familles et leurs proches dans l’incertitude.

une répression croissante contre la société civile

L’Observatoire rappelle que d’autres membres du mouvement Balai citoyen ont subi des arrestations arbitraires. Par exemple, Me Guy Hervé Kam, avocat et cofondateur du mouvement, a été arrêté le 24 janvier 2024 à l’aéroport international de Ouagadougou alors qu’il revenait d’un voyage professionnel. Malgré les règles de l’UEMOA, il a été détenu arbitrairement et inculpé pour « complot et association de malfaiteurs ». D’autres militants comme Rasmané Zinaba et Bassirou Badjo ont été enrôlés de force dans l’armée burkinabè en février 2024, malgré une décision de justice ordonnant l’annulation de leur réquisition.

La situation des journalistes est également préoccupante : Guezouma Sanogo (président de l’AJB), Boukary Ouoba (vice-président), Luc Pagbeguem (BF1), Kalifara Sere, Serges Oulon et Bayala Adama ont tous été enlevés entre juin 2024 et mars 2025, et restent portés disparus.

vers une généralisation des disparitions forcées ?

Ces actes s’inscrivent dans un contexte de répression accrue contre les défenseurs des droits humains et les journalistes au Burkina Faso. Les autorités militaires utilisent des décrets de 2022 et 2023 pour réquisitionner arbitrairement des citoyens, y compris des opposants politiques, et les enrôler de force dans l’armée. Le Comité des Nations unies contre les disparitions forcées a d’ailleurs exprimé sa préoccupation face à ces pratiques, les qualifiant de « susceptibles de constituer des disparitions forcées ».

L’Observatoire condamne fermement ces enlèvements et appelle les autorités burkinabè à :

  • Garanter la sécurité physique et psychologique d’Amadou Sawadogo et Miphal Ousmane Lankoandé ;
  • Révéler leur localisation et les libérer immédiatement ;
  • Mettre fin aux disparitions forcées et aux réquisitions arbitraires ;
  • Cesser tout harcèlement judiciaire contre les défenseurs des droits humains et les journalistes ;
  • Respecter les libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et d’association.

Comment agir ?

Nous invitons les autorités suivantes à répondre à cette urgence :

  • Capitaine Ibrahim Traore, Président de la Transition du Burkina Faso (Twitter : @CapitaineIb22)
  • Jean-Emmanuel Ouédraogo, Premier Ministre du Burkina Faso (Twitter : @J_E_Ouedraogo)
  • Me Edasso Rodrigue Bayala, Ministre de la Justice, des Droits humains et des Relations avec les institutions (Email : [email protected])
  • Jean Marie Karamoko Traore, Ministre des Affaires étrangères (Email : [email protected] ; Twitter : @JeanMarieTraore)
  • Commission Nationale des droits humains du Burkina Faso (Email : [email protected] ; Twitter : @BurkinaCndhX)
  • Sabine Bakyono Kanzie, Représentante permanente du Burkina Faso auprès de l’ONU à Genève (Email : [email protected])
  • Oumarou Ganou, Représentant permanent du Burkina Faso à l’ONU à New York (Email : [email protected])
  • Ambassade du Burkina Faso auprès de l’Union africaine (Email : [email protected])

Nous vous encourageons également à contacter les représentations diplomatiques du Burkina Faso dans votre pays.

Merci de nous informer des actions entreprises en citant le code BFA 002 / 0525 / OBS 022.

L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, partenariat entre la FIDH et l’OMCT, œuvre pour protéger les défenseurs des droits humains et leur apporter un soutien concret. Ces deux organisations sont membres de ProtectDefenders.eu, le mécanisme de l’Union européenne pour les défenseurs des droits humains.

Contact urgent :
[email protected]
📞 FIDH : +33 1 43 55 25 18
📞 OMCT : +41 22 809 49 39

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