Niger : l’ancien président bazoum toujours détenu après deux ans de coup d’état

détention de mohamed bazoum : deux ans de privation de liberté au Niger

Depuis juillet 2023, l’ancien président du Niger, Mohamed Bazoum, est détenu arbitrairement par la junte militaire au pouvoir. Cette situation, qui dure depuis deux ans, suscite une vive inquiétude au niveau international. Les autorités nigériennes, dirigées par le général Abdourahamane Tiani, continuent de maintenir en détention l’ex-chef d’État ainsi que son épouse, Hadiza Bazoum, sans accès à leur famille ni à une assistance juridique.

une détention arbitraire et des conditions de détention contestables

Mohamed Bazoum et son épouse sont retenus au palais présidentiel de Niamey, la capitale du pays. Leur détention, qualifiée d’illégale par plusieurs instances internationales, s’accompagne d’accusations de haute trahison et d’atteinte à la sûreté nationale. Malgré les condamnations répétées de la Cour de justice de la CEDEAO et du Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, aucune libération n’a été ordonnée.

En janvier 2025, le Niger a officiellement quitté la CEDEAO, une décision qui affaiblit encore davantage les recours juridiques disponibles pour l’ancien président. La junte a également levé son immunité présidentielle en 2024, ouvrant la voie à un procès pour des faits présumés commis durant son mandat.

des procédures judiciaires entachées de doutes

Les procédures engagées contre Mohamed Bazoum soulèvent des questions quant à leur régularité. En juin 2024, une cour nigérienne a statué contre lui sans respecter les normes internationales d’équité. La date du procès reste indéterminée, mais les observateurs s’interrogent sur la légitimité de ces poursuites, motivées selon eux par des raisons politiques.

« La junte nigérienne bafoue chaque jour l’État de droit en maintenant Mohamed Bazoum en détention », déclare Ilaria Allegrozzi, experte du Sahel pour Human Rights Watch. « Ces agissements sapent toute crédibilité à ses promesses de démocratie et de transition civile. »

un isolement total et des répercussions internationales

Mohamed Bazoum est privé de tout contact avec le monde extérieur, y compris ses enfants et ses avocats. Cette situation a été qualifiée de cruelle et illégale par Reed Brody, membre du collectif d’avocats défendant l’ex-président. Le Groupe de travail de l’ONU a également exigé sa libération immédiate, estimant que sa détention constitue une violation flagrante des droits humains.

un climat politique sous tension au Niger

La junte militaire a intensifié ses mesures répressives, ciblant l’opposition politique, les militants et les médias. Ces actions, couplées à l’absence de perspectives électorales crédibles, renforcent les craintes d’un durcissement autoritaire. Human Rights Watch alerte sur les risques d’une consolidation du pouvoir militaire au détriment des institutions démocratiques.

« Chaque jour passé en détention éloigne le Niger un peu plus de la démocratie », conclut Ilaria Allegrozzi. « La communauté internationale doit prendre la mesure de ce qui se joue dans ce pays et exiger le respect des droits fondamentaux. »

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