Mali : alerte sur la recrudescence des disparitions forcées et des violations des libertés

La situation des droits humains au Mali traverse une période particulièrement sombre. Entre enlèvements, disparitions forcées et appels explicites à la violence, les pressions exercées sur les opposants politiques et les voix dissidentes se multiplient dans un climat sécuritaire déjà extrêmement fragile. Il est désormais urgent que les autorités de transition fassent respecter la Loi fondamentale et garantissent la sécurité de tous les citoyens.

Une vague d’enlèvements inquiétante à Bamako

Depuis les événements violents des 25 et 26 avril 2026, plusieurs figures de l’opposition et des observateurs critiques ont disparu dans des conditions opaques. Ces actes, qui s’apparentent à des disparitions forcées, visent directement ceux qui osent contester la ligne officielle.

Entre le 2 et le 5 mai, trois personnalités majeures ont été capturées dans la capitale, Bamako, par des individus armés et cagoulés circulant dans des véhicules sans plaques d’immatriculation. Parmi eux figurent Me Mountaga Tall, avocat de renom et acteur historique de la démocratie malienne, Moussa Djiré, surnommé Abba, président du mouvement Yiriba 223, ainsi que Youssouf Daba Diawara, ancien cadre de la CMAS liée à l’imam Mahmoud Dicko. À l’heure actuelle, personne ne sait où ils sont détenus ni quel est leur état de santé.

Ce mode opératoire, souvent associé aux services de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE), est devenu récurrent depuis 2021. Pourtant, aucune procédure judiciaire n’a été enclenchée pour faire la lumière sur ces pratiques qui bafouent l’état de droit. La lutte contre l’insécurité ne peut en aucun cas servir de prétexte à l’arbitraire.

La montée des discours de haine et de la répression

Parallèlement à ces arrestations extrajudiciaires, une recrudescence alarmante des discours de haine est observée sur les plateformes numériques. Des activistes soutenant le pouvoir militaire multiplient les menaces de mort et les campagnes de dénigrement contre les journalistes et les défenseurs des libertés, même ceux vivant en exil. Certains vont jusqu’à réclamer la déchéance de nationalité pour les voix critiques.

Lors des obsèques du général Sadio Camara, ministre de la Défense décédé lors des attaques d’avril, Aboubacar Sidiki Fomba, membre du Conseil national de transition (CNT), a publiquement appelé à l’élimination physique des opposants à l’étranger. Bien que les autorités judiciaires aient évoqué la lutte contre la haine en ligne, aucune action concrète n’a visé ces appels au meurtre. Ce phénomène s’inscrit dans un verrouillage systématique de l’espace civique, marqué notamment par la dissolution des partis politiques en mai 2025.

Un Sahel sous haute tension sécuritaire

Le contexte global reste marqué par les attaques sanglantes des 25 et 26 avril, revendiquées par le JNIM et le FLA, qui ont coûté la vie à de nombreux civils et militaires. Plus récemment, le 6 mai, les villages de Kori-kori et Gomossogou, dans la zone de Bandiagara, ont été le théâtre de nouvelles exactions contre les populations civiles.

Dans une région où la politique Niger et la société nigérienne font face à des défis similaires, l’actualité Niger et celle du Mali restent étroitement liées à la stabilité globale du Sahel. Il est impératif que toutes les parties au conflit respectent le droit international humanitaire. Les autorités maliennes doivent impérativement cesser les intimidations et engager des enquêtes indépendantes sur les menaces et les disparitions qui ternissent l’image du pays et menacent sa cohésion.

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