Yaoundé : l’essor d’une capitale camerounaise entre tradition et modernité

«Yaoundé n’a plus rien à voir avec celle de mes jeunes années. Autrefois simple village aux sept collines, elle s’étend désormais bien au-delà, portée par des infrastructures modernes et une vitalité urbaine sans précédent». Ces mots, prononcés par un habitant de longue date, résument à eux seuls l’ampleur de la métamorphose de la capitale camerounaise.

Mbarga Obama, centenaire aux souvenirs intacts, évoque avec émotion les différentes phases de cette expansion. «Dans le temps, le cœur de la ville se cantonnait au plateau Atemengué, avec quelques extensions vers Mokolo et Nlong-Kak. Le reste du territoire appartenait encore à la campagne», se souvient-il. Aujourd’hui, cette réalité a radicalement changé.

L’afflux constant de nouveaux arrivants a transformé Yaoundé en une véritable fourmilière humaine. Chaque année, des milliers de Camerounais choisissent de s’y installer, élargissant toujours plus les limites de l’agglomération. Certaines zones périphériques, autrefois rurales, font désormais partie intégrante de la cité.

Face à cette urbanisation galopante, les spécialistes du secteur pointent du doigt les défis posés par une croissance désordonnée. Blaise Feugang, chargé de mission au ministère de l’Habitat et du Développement urbain dans le Nyong et So’o, plaide pour une approche plus audacieuse. «À Yaoundé, la solution réside dans la verticalité. Construire en hauteur plutôt qu’en largeur permet d’optimiser les coûts d’infrastructure et d’embellir le paysage urbain avec des bâtiments modernes et harmonieux», explique-t-il.

Les urbanistes camerounais s’accordent sur un point : pour hisser Yaoundé au rang des grandes capitales africaines, une refonte totale du modèle urbain s’impose. L’enjeu ? Créer une ville fonctionnelle, esthétique et adaptée aux standards internationaux. Une mission complexe, mais indispensable pour offrir à ses habitants des conditions de vie dignes de ce nom.

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