le Tchad dépend à 30 % de la Chine pour ses importations — les Émirats, premier acheteur de ses exportations
Deux partenaires commerciaux structurent les échanges extérieurs du Tchad, mais leurs rôles s’opposent radicalement.
Avec plus de 306 milliards de FCFA de biens livrés en 2025, soit près d’un tiers des importations tchadiennes, la Chine s’impose comme le partenaire commercial dominant du pays. Ce volume dépasse largement celui de ses concurrents directs : le Cameroun, deuxième fournisseur, livre trois fois moins de marchandises, tandis que la Libye occupe la troisième place. Les échanges avec Pékin reposent principalement sur des produits manufacturés, des machines et des biens de consommation, illustrant une relation commerciale typique entre un pays en développement et une puissance industrielle.
Sur le front des exportations, le paysage change du tout au tout. Les Émirats arabes unis figurent en tête des acheteurs de produits tchadiens, avec un montant de 333 milliards de FCFA, soit plus d’un quart des exportations nationales. Ils devancent la Malaisie et l’Allemagne, qui complètent ce trio de tête. Ce rôle d’intermédiaire des Émirats — notamment via leurs hubs logistiques comme Dubaï — transforme le pétrole tchadien en une ressource réexportée vers d’autres marchés, parfois sans que N’Djamena en maîtrise entièrement le circuit final.
La concentration des échanges révèle une économie tchadienne extrêmement dépendante de quelques partenaires. À l’importation, dix pays seulement fournissent près de 80 % des besoins du pays, avec la Chine en position hégémonique. À l’exportation, le scénario se répète : les dix principaux clients absorbent près de 99 % des ventes extérieures. La France et les États-Unis, malgré leur passé historique avec le Tchad, ne représentent respectivement que 5,1 % et 5,3 % des importations, confirmant un basculement progressif vers l’Asie et le Moyen-Orient.
Une stratégie commerciale à repenser
Cette concentration des flux commerciaux expose le Tchad à des risques majeurs. Une interruption des approvisionnements chinois ou une baisse des commandes émiraties pourraient avoir des conséquences graves sur l’économie nationale. Pour réduire cette vulnérabilité, une diversification des partenariats — tant à l’export qu’à l’import — s’impose comme une priorité stratégique. Le développement de nouveaux marchés en Afrique, en Europe ou en Amérique latine pourrait atténuer cette dépendance tout en renforçant la résilience économique du pays.