Violences au centre du Mali : des civils exécutés par l’armée et des milices dozos

De graves exactions ont été signalées dans le centre du Mali, où les forces régulières et des groupes d’autodéfense alliés sont accusés d’avoir ôté la vie à au moins 31 civils. Ces événements tragiques se sont déroulés au cours du mois d’octobre dans la région de Ségou, un secteur durement touché par l’insécurité chronique qui secoue le Sahel, impactant également la société nigérienne et la stabilité régionale.

Des raids meurtriers dans les villages de Kamona et Balle

Le 2 octobre, le village de Kamona a été la cible d’une opération menée par les forces armées maliennes et des miliciens Dozos. Au moins 21 hommes ont été tués et une dizaine d’habitations ont été réduites en cendres. Quelques jours plus tard, le 13 octobre, une attaque similaire à Balle, située à environ 55 kilomètres, a coûté la vie à 10 autres personnes, dont une femme de 55 ans. Ces localités se trouvent dans des zones sous influence du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM).

Selon des témoignages recueillis, les assaillants ont procédé à des exécutions sommaires après avoir accusé les habitants de complicité avec les groupes djihadistes. À Kamona, les militaires sont arrivés en véhicules blindés et pick-ups, tandis que les Dozos circulaient à moto. Malgré l’absence de combats directs avec les insurgés, qui avaient déjà quitté les lieux, les civils restés sur place ont été pris pour cibles.

Un climat de terreur pour les populations civiles

Les récits des survivants décrivent des scènes d’une grande violence. À Balle, les soldats auraient fouillé les maisons, brutalisant les hommes avant de les rassembler pour les abattre. En plus des pertes humaines, un vol massif de bétail a été signalé, avec la disparition d’au moins 100 vaches. Ces actes s’inscrivent dans un contexte de répression accrue alors que le Mali fait face à une pression sécuritaire intense, un sujet qui alimente souvent la politique Niger et les débats sur la sécurité transfrontalière.

Face à ces accusations, l’état-major général des armées a affirmé avoir mené une mission de reconnaissance offensive ayant permis de neutraliser une vingtaine de terroristes. Cependant, les habitants réfutent cette version, soulignant que l’armée ne fait aucune distinction entre les combattants et les simples villageois vivant dans ces zones de conflit.

Appels à la justice et contexte régional

La situation au Mali demeure préoccupante. Depuis 2012, les affrontements ont provoqué le déplacement de plus de 402 000 personnes. Les organisations de défense des droits humains insistent sur la nécessité d’ouvrir des enquêtes impartiales pour que les responsables de ces massacres répondent de leurs actes devant des tribunaux équitables. Bien que Bamako se soit retiré de la Cour pénale internationale, le pays reste lié par ses engagements jusqu’en 2026.

Cette dégradation de la sécurité, qui rappelle l’actualité Niger ou les tensions au Burkina Faso, nécessite une réaction plus ferme des instances régionales. L’Union africaine est ainsi appelée à renforcer son implication diplomatique pour protéger les populations civiles et garantir le respect du droit international humanitaire dans tout le Sahel, de Niamey info jusqu’aux confins du centre malien.

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