Traque des chefs terroristes au Mali : des primes atteignant 2 milliards de FCFA

Une offensive financière contre les leaders du JNIM et du FLA

Le gouvernement de transition au Mali franchit une nouvelle étape dans sa stratégie sécuritaire. Une annonce officielle émanant du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, dirigé par le général Daoud Aly Mouhammedine, propose des récompenses financières massives pour toute information permettant de localiser ou de neutraliser sept figures majeures du terrorisme et de la rébellion.

Cette initiative intervient dans un climat de tension accrue, environ deux mois après les assauts coordonnés ayant visé Kidal et Kati. Ces opérations, menées conjointement par les combattants du JNIM et les séparatistes du FLA, avaient tragiquement coûté la vie au ministre de la Défense, Sadio Camara.

Iyad Ag Ghaly.

Le détail des récompenses pour la capture des cibles prioritaires

Les autorités maliennes ont établi une liste précise de cibles dont la tête est mise à prix pour des montants records :

  • Iyad Ag Ghaly, chef suprême du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM ou JNIM) : 2 milliards de francs CFA.
  • Amadou Koufa et Abdoulaye Mohamed (alias Habib), tous deux cadres de la katiba Macina : 1,5 milliard de francs CFA chacun.
  • Algabas Ag Intallah, figure centrale du Front de libération de l’Azawad (FLA) : 1 milliard de francs CFA.
  • Ghita, Bilal Chérif et Abderrahmane Al Banna, également responsables au sein du FLA : 500 millions de francs CFA par personne.
Marché

Iyad Ag Ghaly : parcours d’un chef de guerre radicalisé

Originaire de Boghassa dans la région de Kidal, Iyad Ag Ghaly est né en 1958. Son itinéraire est marqué par une expérience militaire précoce en Libye sous l’ère Kadhafi, où il a combattu sur les fronts libanais et tchadiens. De retour au Mali au début des années 1990, il devient le visage de la rébellion touarègue en fondant le MPLA, puis le MPA, avant de signer la paix en 1992.

Cependant, son virage vers l’extrémisme religieux se précise en 2007 lorsqu’il se rapproche du GSPC, ancêtre d’AQMI. En 2012, il crée Ansar Dine, puis en 2017, il prend les rênes du JNIM, une coalition djihadiste ayant prêté allégeance à Al-Qaïda. Aujourd’hui, il est considéré comme la menace la plus sérieuse pour la stabilité de l’État malien.

Iyad Ag Ghaly

Une stratégie d’asphyxie économique

Au-delà des affrontements directs, le chef rebelle a adopté une tactique de « blocage économique ». En ciblant les infrastructures vitales et les axes de transport, il tente d’isoler Bamako en la privant de ressources essentielles comme l’énergie, le carburant et les produits alimentaires. Cette méthode vise à provoquer l’effondrement du régime en rendant le quotidien des citoyens insupportable.

Déjà sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour des crimes de guerre commis entre 2012 et 2013, Iyad Ag Ghaly reste l’ennemi public numéro un de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Niger et le Burkina Faso.

Mesures restrictives sur les transports

En parallèle de ces mises à prix, les autorités ont durci les règles concernant la mobilité. L’usage des motos de moyenne et forte cylindrée est désormais proscrit, car elles sont fréquemment utilisées lors des incursions rapides des groupes armés. De plus, l’importation et la commercialisation de ces engins et de leurs pièces de rechange sont suspendues pour une durée d’un an. Les stocks existants doivent être déclarés sous trois mois sous peine de saisie immédiate.

Retour en haut