Premier financement pour le corridor Douala bangui au Cameroun

Cameroun : un financement historique de 425 millions de dollars pour le corridor économique Douala-Bangui

La Banque mondiale vient d’annoncer une enveloppe de 425 millions de dollars pour financer la première phase de rénovation du corridor routier reliant Douala au Cameroun à Bangui en République centrafricaine. Ce projet, aux enjeux économiques majeurs, vise à transformer un axe stratégique pour la sous-région.

Des camions en attente sur la route principale reliant Bangui en République centrafricaine à Douala, au Cameroun.

Ce tronçon de 800 kilomètres, aujourd’hui en mauvais état, est vital pour le commerce régional. Il représente en effet 80 % des échanges entre le Cameroun et la République centrafricaine, ainsi que 70 % des flux vers le Tchad. La Banque mondiale a clairement identifié ce goulot d’étranglement comme un frein majeur à l’économie locale.

Des travaux majeurs pour fluidifier le transport des marchandises

Les travaux de modernisation, dont le lancement est prévu pour 2027, intégreront des innovations technologiques pour optimiser les contrôles. Un système de présélection automatique des véhicules en surcharge sera mis en place, explique Donnat Takueté, directeur général des études au ministère des Travaux publics du Cameroun. Seuls les camions suspects seront pesés, avec impression immédiate des amendes en cas de dépassement. Cette automatisation réduira considérablement les délais de transit, aujourd’hui estimés entre 9 et 12 jours pour relier Douala à Bangui.

Les tracasseries administratives, avec pas moins de 17 postes de contrôle informels, seront également ciblées pour accélérer la circulation des biens et des personnes.

Une répartition des fonds pour une intégration régionale renforcée

La Banque mondiale a structuré son financement en trois volets. Le Cameroun bénéficiera de la majorité des fonds, avec 425 millions de dollars, tandis que la République centrafricaine recevra 90 millions. Un appui régional sera également alloué à la Cemac pour préparer les phases ultérieures du projet. Cette approche progressive permettra d’étaler les investissements tout en maximisant l’impact économique, précise Anne-Cécile Souhaid, directrice de la division Afrique de l’Ouest et du Centre de la Banque mondiale.

Côté camerounais, les fonds serviront à reconstruire et réhabiliter plusieurs tronçons clés. Emmanuel Nganou Djoumessi, ministre des Travaux publics, détaille le programme : « Reconstruction de la route Yaoundé-Douala (215 km), réhabilitation de Yaoundé-Bonis-Ayos (332 km) et de Bonis-Bertoua, pour un total de 800 km de routes modernisées »*. Ces infrastructures, conçues pour répondre aux besoins économiques, joueront un rôle central dans la compétitivité du pays.

Des retombées économiques et sociales significatives

Ce projet ambitieux s’étalera sur plusieurs années et devrait générer entre 2 000 et 4 000 emplois, directs et indirects. Les bénéfices attendus sont multiples : réduction des coûts logistiques, stimulation des échanges commerciaux et renforcement de la connectivité régionale. Une aubaine pour les économies camerounaise et centrafricaine, étroitement liées par cet axe routier.

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