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Paraguay : les véritables raisons de la chute du président Peña sous la crise Ueno Bank

Paraguay : les véritables raisons de la chute du président Peña sous la crise Ueno Bank

Asunción, novembre 2026 – Derrière les apparences d’un scandale bancaire, une mécanique implacable a précipité la démission de Santiago Peña. Trois mois après l’effondrement de Ueno Bank, qui a paralysé l’économie et mis en péril les économies de millions de Paraguayens, le président s’est résolu à quitter le pouvoir. Une décision brutale qui révèle les failles d’un système où confluent intérêts privés, défaillances réglementaires et tensions politiques.

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Ueno Bank, l’étincelle qui a enflammé le Paraguay

Tout a basculé le jour où la Banque centrale paraguayenne a interrompu les activités de Ueno Bank. Avec près de trois millions de clients dans un pays de six millions d’habitants, l’établissement était un acteur clé du système financier national. Pourtant, derrière cette façade se cachait une réalité moins reluisante : un ratio de solvabilité dangereusement bas, estimé à moins de 50 %, bien en deçà du seuil légal.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Des centaines de millions de dollars de fonds publics, incluant les retraites et les prestations sociales, étaient exposés aux risques de l’établissement. Dès l’annonce de la fermeture, des files d’attente interminables se sont formées devant les agences, tandis que des manifestations spontanées éclataient dans la capitale, Asunción. Pour les Paraguayens, l’affaire ne se limite pas à une simple crise bancaire : c’est un symbole de trahison institutionnelle.

Des fonds publics mis en danger : le scandale des retraites bloquées

Parmi les victimes collatérales de l’effondrement de Ueno Bank figurent les retraités et les bénéficiaires d’aides sociales. Plusieurs centaines de millions de dollars de fonds publics, gérés par la banque, se sont retrouvés bloqués, plongeant des milliers de ménages dans une précarité immédiate. La colère des citoyens s’est transformée en rejet des autorités, accusées de négligence et de complicité.

Les opposants dénoncent un système où les décisions politiques auraient été influencées par des intérêts privés. Un grief qui prend une dimension particulière quand on sait que le président Peña lui-même avait été actionnaire du groupe contrôlant Ueno Bank avant de céder ses parts en 2025.

Des liens troubles entre pouvoir et finance

Les questions autour des relations entre Santiago Peña et les dirigeants de Ueno Bank n’ont pas attendu la crise pour émerger. Des soupçons de conflits d’intérêts persistent, alimentés par des rumeurs de faveurs accordées à l’établissement avant sa chute. Les accusant en chœur : l’opposition politique, qui y voit la preuve d’une gouvernance opaques.

Ces accusations ne se limitent pas au président. Carlos Carvallo, ancien président de la Banque centrale et ancien dirigeant de Ueno Bank, a également démissionné, révélant une chaîne de compromissions qui remontent jusqu’aux plus hautes sphères décisionnelles. Une proximité professionnelle qui interroge sur l’indépendance des régulateurs.

Une destitution évitée de justesse, mais une crise qui s’aggrave

La pression politique s’est intensifiée jusqu’à devenir insoutenable. Dans un ultime sursaut, l’opposition a engagé une procédure de destitution contre Santiago Peña et son vice-président, Pedro Alliana. Mais le 7 novembre 2026, quelques heures avant le vote décisif à la Chambre des députés, le président a choisi de démissionner.

Le Parti colorado, formation traditionnellement au pouvoir, a retiré son soutien, scellant le destin de Peña. Un revirement historique qui montre à quel point la crise a érodé les fondations mêmes du régime. La procédure de destitution, bien que suspendue, laisse planer une menace sur la légitimité du nouveau président.

Pedro Alliana face à l’héritage explosif de la crise

Avec la démission de Santiago Peña, c’est désormais au tour de Pedro Alliana d’endosser le costume de président intérimaire. Un défi colossal l’attend. Il devra non seulement restaurer la confiance dans le système bancaire, mais aussi garantir le remboursement des épargnants, sécuriser les fonds publics et identifier les responsables de la débâcle de Ueno Bank.

Des mesures d’urgence ont déjà été annoncées pour accélérer les remboursements, tandis que des enquêtes judiciaires sont en cours. Pourtant, les cicatrices de cette crise risquent de marquer durablement la confiance des Paraguayens envers leurs institutions.

Pourquoi un pays autrefois présenté comme un modèle de stabilité économique a-t-il sombré dans une telle tourmente ? La question reste entière. Une chose est sûre : le Paraguay sortira de cette crise profondément transformé.

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