Ousmane Sonko prend la tête de l’Assemblée nationale au Sénégal : vers une cohabitation mouvementée

« Un limogeage n’est pas synonyme de déshonneur politique », a affirmé d’emblée Ousmane Sonko ce mardi, s’appuyant sur une forte « légitimité populaire ». Toujours aussi déterminé, l’ancien Premier ministre n’a eu besoin que de quatre jours pour effectuer un retour remarqué au sommet de l’État en prenant la direction du pouvoir législatif.

Dans une allocution aux allures de main tendue vers l’exécutif, Ousmane Sonko a promis d’éviter tout « blocage », « vendetta personnelle » ou « chaos institutionnel ». Il a toutefois insisté sur un « contrôle strict de l’action gouvernementale », affirmant sa volonté d’actionner tous les mécanismes de contre-pouvoir à sa disposition en cas de désaccord majeur.

Une cohabitation inédite au Sénégal

Cette nouvelle configuration politique dessine les contours d’une cohabitation que le politologue Ellimane Haby Kane, dirigeant du think tank Legs Africa, qualifie de constructive mais « inédite ». Pour l’expert, si Ousmane Sonko y met les formes, son objectif réel reste de garder un œil attentif sur les décisions de l’exécutif.

Le bras de fer semble d’ailleurs loin d’être terminé. En cause : le regret exprimé par le Pastef de ne pas avoir été consulté par le président Bassirou Diomaye Faye concernant le choix du futur Premier ministre et la composition de l’équipe gouvernementale à venir.

Dès mardi soir, une note officielle du Pastef mentionnait des prises de contact entre la présidence et certains cadres du parti. Cependant, la formation politique a d’ores et déjà posé ses conditions avant toute participation effective au prochain gouvernement, signalant que les tensions internes pourraient persister.

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