Mgr houngbédji prône une afrique plus juste et humaine lors d’une conférence à Cotonou

Mgr Houngbédji met en lumière l’État de droit et l’alternance politique comme piliers du développement au Bénin

L’Institut des artisans de justice et de paix (IAJP) a organisé une conférence majeure à Cotonou, réunissant des responsables religieux, des acteurs politiques et des invités de marque autour du thème : « État de droit et alternance politique en Afrique : un enjeu crucial pour la stabilité et le développement ». Cet événement, marqué par la présence de Mgr Roger Houngbédji, Archevêque de Cotonou, a permis d’aborder les défis et les opportunités pour le continent africain.

Mgr Roger Houngbédji, Archevêque de Cotonou

Un plaidoyer pour des institutions solides et une gouvernance transparente

Dès les premières minutes de son intervention, Mgr Roger Houngbédji a souligné que le progrès en Afrique repose sur deux piliers indissociables : la qualité des institutions et l’abondance des ressources économiques. Pour lui, une croissance durable ne peut s’envisager sans un État de droit rigoureux, une gouvernance irréprochable et une justice pleinement indépendante. Ces éléments, selon lui, sont les fondations d’un développement harmonieux et équitable.

Le prélat a également insisté sur le rôle central de l’alternance politique, présentée comme un levier essentiel pour éviter les dérives autoritaires et garantir la légitimité des gouvernants. Sans cette dynamique, a-t-il averti, les risques de stagnation ou de régression socio-économique persistent.

Le Bénin, un exemple à suivre ?

Pour illustrer ses propos, Mgr Houngbédji a pris comme cas d’étude le Bénin. Il a salué les réformes récentes visant à moderniser le climat des affaires et à renforcer le système judiciaire. Parmi les avancées citées, figurent la création du Tribunal de commerce, la refonte du droit des affaires et la mise en place de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Ces mesures ont contribué à améliorer significativement le classement du pays dans les indices internationaux.

Cependant, l’archevêque n’a pas manqué de pointer les défis persistants. Il a rappelé que certaines réformes soulèvent encore des questions quant au respect des libertés publiques, à l’indépendance de la justice et à la consolidation démocratique. Pour lui, une démocratie ne se mesure pas uniquement à l’aune de ses indicateurs économiques, mais aussi à sa capacité à garantir les droits fondamentaux de ses citoyens.

Le développement humain, une priorité absolue

S’appuyant sur la Doctrine Sociale de l’Église catholique, Mgr Houngbédji a développé une vision du développement centrée sur l’humain. Selon lui, un progrès authentique doit dépasser les simples performances financières et se concentrer sur l’amélioration concrète du quotidien des populations. Cela implique de renforcer la justice sociale, de préserver la dignité de chacun et de garantir un accès équitable aux services essentiels.

Il a rappelé que le développement intégral ne peut se contenter de chiffres ou de classements : il doit se mesurer à l’aune du bien-être des individus et de leur capacité à s’épanouir pleinement dans leur société.

L’Église, un acteur clé de paix et de réconciliation

L’archevêque a également mis en avant le rôle historique de l’Église béninoise en tant que médiateur dans les périodes de tension politique. Qu’il s’agisse de la crise post-électorale de 2019 ou des appels constants au dialogue avant les élections de 2026, l’institution ecclésiastique s’est toujours positionnée comme un facilitateur de paix, sans chercher à se substituer aux institutions républicaines.

Son objectif ? Préserver la stabilité nationale et encourager un climat de confiance entre les différents acteurs politiques et sociaux. Pour Mgr Houngbédji, cette mission de médiation est indissociable de la mission plus large de l’Église : servir de rempart contre les divisions et de levier de cohésion sociale.

Un appel final à l’action pour l’Afrique

En conclusion, le président de la Conférence Épiscopale du Bénin a adressé un message fort aux dirigeants africains. Pour lui, le succès du développement continental passe par l’alliance de l’efficacité économique, de la justice autonome, du pluralisme politique et du respect des droits fondamentaux. Ces éléments, combinés, forment selon lui le socle d’une société prospère et apaisée.

Mgr Houngbédji a ainsi conclu en exhortant les nations africaines à repenser leur modèle de gouvernance pour placer l’humain au cœur de toutes les politiques publiques. Une vision ambitieuse, mais indispensable pour bâtir un avenir plus juste et plus durable.

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