Dans une volonté de freiner l’expansion de l’insécurité, les autorités du Mali ont pris la décision de suspendre la circulation des motocyclettes affichant une cylindrée égale ou supérieure à 125 cm³. Cette restriction s’applique spécifiquement en dehors de la capitale et des principaux pôles urbains du pays.
Cette initiative radicale s’accompagne d’un gel total de l’importation, de la distribution et de la commercialisation de ces engins, ainsi que de leurs accessoires, sur l’ensemble du territoire malien. L’objectif est de limiter la mobilité des groupes armés qui utilisent massivement ces véhicules pour mener des incursions rapides et contourner les dispositifs de surveillance.
Des zones urbaines préservées par le décret
Selon les termes de l’arrêté interministériel diffusé récemment, certaines localités bénéficient d’une exception. Le district de Bamako, ainsi que les chefs-lieux de région, de cercle et d’arrondissement, ne sont pas soumis à cette interdiction de circuler. Partout ailleurs, l’usage de ces deux-roues devient prohibé jusqu’à nouvel ordre.
Le climat sécuritaire au Mali s’est considérablement tendu ces dernières semaines. La capitale fait face à une pression accrue, illustrée par un blocus imposé sur plusieurs axes routiers stratégiques menant à Bamako depuis la fin du mois d’avril.
Une réponse face à l’intensification des menaces
Cette décision intervient après une série d’offensives coordonnées menées par des groupes terroristes liés à Al-Qaïda, notamment le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), ainsi que par les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA). En restreignant l’accès aux motos de forte puissance, l’État cherche à désorganiser la logistique des assaillants dans les zones rurales et périurbaines, où la moto est le moyen de déplacement privilégié pour les attaques surprises.