Le Maroc et l’Union européenne unissent leurs forces pour sécuriser l’eau face au changement climatique
À travers cette collaboration d’envergure, le Maroc et l’Union Européenne transforment leurs engagements politiques en initiatives concrètes pour relever l’un des défis majeurs du XXIe siècle.

La cérémonie de lancement, qui a réuni des représentants du ministère de l’Économie et des Finances et les délégations européennes, marque une étape significative. Ce programme novateur s’inscrit dans la démarche « Équipe Europe », une initiative visant à harmoniser les actions de l’Union Européenne et de ses États membres autour de projets stratégiques d’intérêt commun.
La structure financière de ce partenariat repose sur une subvention de 514,4 millions de dirhams de l’Union Européenne, complétée par des prêts concessionnels d’environ 3,2 milliards de dirhams. Ces fonds sont mobilisés par trois institutions financières européennes de premier plan : la banque allemande de développement KfW, la Cassa Depositi e Prestiti (CDP) italienne, et l’Agence Française de Développement (AFD), qui assure la coordination de ce dispositif.
L’objectif principal de ce programme est d’appuyer le Maroc dans la concrétisation de sa politique nationale de l’eau, articulée autour de quatre piliers essentiels : l’approfondissement des connaissances sur les ressources hydriques face aux défis du changement climatique ; l’optimisation de la gestion des événements climatiques extrêmes comme les sécheresses et les inondations ; la sauvegarde des eaux souterraines ; et le renforcement des capacités institutionnelles des acteurs du secteur.
Parallèlement, un volet d’assistance technique substantiel accompagnera la réalisation de ces objectifs, favorisant ainsi un précieux échange d’expertises entre les partenaires européens et marocains.
Lors de son allocution, Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, a mis en lumière l’importance vitale de l’eau. Il a souligné qu’elle représente un héritage à préserver pour les générations futures et un enjeu de souveraineté nationale de la plus haute importance pour le Royaume du Maroc.
Face aux épisodes de sécheresse récurrents qui frappent le pays, le ministre a rappelé l’approche proactive du Maroc, qui a progressivement fait évoluer son modèle de gestion de l’eau. Il a affirmé que ce nouveau programme est crucial pour accroître la résilience du pays face aux impacts du changement climatique et garantir une gestion durable des ressources hydriques.
L’Union Européenne, par la voix de son ambassadeur au Maroc, Dimiter Tzantchev, a réaffirmé son engagement à soutenir le Royaume dans la gestion durable de ses ressources naturelles. Il a précisé que cette initiative s’inscrit parfaitement dans les priorités du Partenariat Vert Maroc-UE et du Pacte pour la Méditerranée, qui placent la résilience climatique et la gestion de l’eau au cœur de la coopération euro-méditerranéenne. L’ambassadeur a insisté sur l’efficacité de l’approche « Équipe Europe » pour mobiliser des ressources financières et techniques complémentaires, offrant des solutions concrètes aux défis climatiques partagés.
À l’instar de l’ensemble du bassin méditerranéen, le Maroc fait face à une pression croissante sur ses ressources en eau. Entre 2017 et 2025, le Royaume a traversé plusieurs périodes de sécheresse intense, tandis que la demande en eau a continuellement augmenté en raison de la croissance démographique et du développement économique.
Ce nouveau programme vient donc renforcer les efforts déjà entrepris dans le cadre du Plan National de l’Eau et du Programme National d’Alimentation en Eau Potable et d’Irrigation (PNAEPI) 2020-2027.
Les ambassadeurs d’Allemagne, d’Italie et de France ont unanimement salué cette initiative, la considérant comme un futur modèle de coopération régionale.
L’Allemagne, via la KfW, focalisera son appui sur l’adaptation au changement climatique et la protection des nappes souterraines. L’Italie, quant à elle, apportera son expertise en gestion des ressources hydriques et promouvra l’égalité de genre dans le secteur. La France, par l’intermédiaire de l’AFD, supervisera la bonne exécution du programme en intégrant les enjeux de résilience climatique et d’égalité femmes-hommes.