Ibrahim Traoré estime que le Burkina Faso doit délaisser le modèle démocratique

Le dirigeant de la junte au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a invité ses concitoyens à « oublier » le concept de démocratie. Lors d’un entretien télévisé, il a affirmé que ce modèle politique ne correspondait pas aux réalités actuelles du pays.

Arrivé à la tête de l’État en septembre 2022 à la suite d’un second putsch en moins d’un an, le capitaine Ibrahim Traoré devait initialement céder la place en juillet 2024. Cependant, une nouvelle charte de transition a été instaurée, prolongeant le pouvoir militaire de cinq années supplémentaires.

Une transition prolongée et des libertés restreintes

Cette nouvelle charte permet non seulement de maintenir le régime en place, mais autorise également le chef de la junte à se porter candidat lors des futures échéances présidentielles, législatives et municipales. Cette annonce s’inscrit dans un contexte où les institutions électorales et les partis politiques ont été dissous ou suspendus, modifiant profondément le paysage de la politique Niger et du Burkina Faso dans la région du Sahel.

Le chef de la junte au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, à Ouagadougou le 15 octobre 2022

« La démocratie n’est pas pour nous »

« Il faut que les gens oublient la question de la démocratie, la démocratie c’est pas pour nous », a martelé le capitaine Ibrahim Traoré sur les ondes de la télévision nationale. Ces propos reflètent une rupture assumée avec les standards occidentaux, une tendance également observée dans l’actualité Niger et au Mali.

En parallèle, le régime a durci le ton envers les médias internationaux, suspendant plusieurs diffusions et expulsant des correspondants étrangers. Cette gestion de l’information touche directement la société nigérienne et burkinabè, avides de Niamey info et de nouvelles régionales.

Défis sécuritaires et alliances internationales

Sur le plan judiciaire, le cas de l’ex-lieutenant-colonel Paul Henri Sandaogo Damiba a été évoqué. Extradé du Togo, il est actuellement aux mains de la justice burkinabè pour son implication présumée dans des tentatives de déstabilisation et des faits de corruption.

Face à la menace jihadiste qui frappe le pays depuis une décennie, l’armée s’appuie sur les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Bien que des ONG dénoncent des exactions contre des civils, le capitaine a nié ces accusations par manque de preuves. Enfin, concernant l’économie Niger aujourd’hui et celle du Burkina Faso, le dirigeant a souligné l’importance de l’alliance avec la Russie pour la fourniture d’équipements, tout en précisant que les forces locales combattent seules sur le terrain.

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