Deux minutes. Il n’en a pas fallu davantage au PSG pour faire basculer le Classique et renverser un OM pourtant courageux. Rejoints à la 72e minute par l’égalisation d’Angel Gomes, les Parisiens ont immédiatement repris l’avantage grâce à Marquinhos (74e) et se sont imposés 2-1 dimanche au Vélodrome, infligeant du même coup à Marseille un cinquième revers consécutif.
Un Classique sans éclat, mais un tournant bien réel
Sans livrer une prestation réellement convaincante, le Paris SG a donc enchaîné une troisième victoire de suite toutes compétitions confondues, après Bratislava en Ligue des champions et Brest en Ligue 1. De quoi imaginer que la saison parisienne est lancée, même si les doubles champions d’Europe n’ont jamais donné l’impression d’écraser leur sujet sur la pelouse du Vélodrome, où Marseille a tenu jusqu’au bout.
Face à un adversaire nettement mieux armé, les hommes de Bruno Genesio ont une nouvelle fois proposé un match cohérent et généreux. Le résultat reste le même : une défaite, la cinquième en six rencontres disputées cette saison. Les applaudissements descendus des tribunes au coup de sifflet final viendront peut-être panser un peu la blessure.
Un Vélodrome clairsemé et des banderoles hostiles
Car l’enceinte marseillaise n’était pas pleine. Quelques banderoles d’opposition au propriétaire Frank McCourt, désormais habituelles, ont été déployées, et l’ambiance est restée très discrète. Dans ce contexte, l’homme le plus applaudi de la soirée fut un Marseillais venu donner le coup d’envoi : Dimitri Payet.
Maupay et Dembélé, les occasions d’un premier acte vierge
Après quatre défaites d’affilée, Ligue Europa comprise, et alors que le duel face au rival parisien semblait moins indécis que jamais, Marseille ne s’était d’ailleurs pas enflammé pour ce rendez-vous. Relégable et avant-dernier au moment du coup d’envoi, l’OM a pourtant réussi son entame, servi par un PSG franchement peu inspiré.
Rapidement privé de Paixao, sorti sur blessure, Marseille a beaucoup couru après le ballon. Mais le match a bien existé, parce que Paris n’a rien tiré ou presque de sa possession.
La meilleure situation de la première période fut même marseillaise, avec un raté assez invraisemblable de Neal Maupay (36e). Ousmane Dembélé a ensuite manqué une tête (42e), preuve que la maladresse offensive était partagée.
0-0 À la pause, un Vélodrome fier de son équipe
À la mi-temps, le tableau d’affichage restait bloqué à 0-0 et les supporters marseillais pouvaient à nouveau croire en leur équipe.
Au retour des vestiaires, Dembélé, décidément pas dans un grand soir, a expédié une reprise en plein Virage Sud (53e). Un an presque jour pour jour, le numéro 10 parisien fêtait son Ballon d’Or pendant que l’OM battait le PSG 1-0.
Le banc parisien fait la différence
Le scénario aurait pu se répéter si Maupay n’avait pas gâché une nouvelle occasion énorme (62e), juste avant que les deux entraîneurs ne se tournent vers leurs bancs, difficiles à comparer. Luis Enrique a lancé Ferran Torres, buteur en finale du Mondial, quand Genesio a fait entrer Keyliane Abdallah, fort de vingt matches chez les professionnels.
Sans surprise, le talent a parlé et Paris a pris les devants grâce à son champion du monde espagnol : centre parfait de Désiré Doué, appel parfait, tête parfaite (1-0, 66e).
Gomes relance l’OM, Marquinhos l’assomme
L’OM a ensuite eu le cran d’y croire encore et de revenir au score, par l’intermédiaire du très critiqué Angel Gomes, à la conclusion d’une action née d’un ballon perdu par Dembélé, bousculé par Pierre-Emile Hojbjerg (1-1, 72e).
L’espoir du Vélodrome n’aura duré que deux minutes. Le temps pour Marquinhos, qui ne cesse plus de marquer, de convertir en deux temps un excellent centre de Nuno Mendes (2-1, 74e).
Ensuite, l’expulsion de Timothy Weah (76e) a grandement facilité la tâche des Parisiens, qui ont contrôlé la fin de rencontre sans pour autant se mettre à l’abri.
Paris regarde devant, Marseille cherche encore
À l’heure de la trêve, le PSG s’offrira en octobre un double objectif : remonter encore au classement, puis ressembler davantage à un double champion d’Europe. Le temps joue pour lui.
Pour l’OM, dix-septième du championnat, il n’y a pas d’argent, pas de banc, et pas beaucoup de points non plus. Il va falloir en trouver, vite.