Crises politiques et répression au Sahel : l’étau se resserre sur les libertés

crises politiques et répression au Sahel : l’étau se resserre sur les libertés

En 2025, plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel ont connu une aggravation des restrictions des libertés et une consolidation du pouvoir par les juntes militaires. Cette tendance alarmante, soulignée dans le dernier rapport de Human Rights Watch, révèle une spirale autoritaire dans une région déjà fragilisée par les conflits armés.

Au Sahel, la situation est particulièrement préoccupante. Les groupes terroristes, comme le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’État islamique au Sahel (EIS), ciblent régulièrement les civils et les infrastructures. Dans le même temps, les forces gouvernementales et leurs alliés, y compris des groupes armés, multiplient les exactions contre les populations, notamment les communautés peules.

une stratégie de répression méthodique

Les autorités des pays du Sahel ont renforcé leur contrôle en limitant drastiquement les libertés fondamentales. Parmi les mesures les plus inquiétantes :

  • Prolongation des transitions : le Niger et le Mali ont prolongé leur période de transition de cinq ans et interdit le multipartisme, tandis que le Tchad a supprimé la limite des mandats présidentiels.
  • Répression des voix dissidentes : au Burkina Faso et au Mali, journalistes et activistes sont arbitrairement détenus, victimes de disparitions forcées ou de conscription illégale. Au Nigeria, la cybercriminalité est instrumentalisée pour museler les utilisateurs de réseaux sociaux et les journalistes.
  • Affaiblissement des institutions : les juntes du Sahel se sont retirées de la CEDEAO et ont annoncé leur départ de la Cour pénale internationale (CPI), privant les victimes de toute possibilité de recours.

« Les juntes militaires de la région ont intensifié leur répression contre la liberté d’expression et les autres libertés, malgré leurs promesses de transition démocratique », déclare Mausi Segun, directrice de la division Afrique de Human Rights Watch. « Une action régionale concertée est indispensable pour contraindre ces régimes à rétablir un espace politique ouvert et protéger les droits humains. »

des violences en hausse et une impunité généralisée

Les conflits au Sahel s’aggravent, avec des attaques de plus en plus fréquentes contre les civils. En 2025, les groupes armés ont commis des massacres au Burkina Faso, au Mali et au Niger. Parallèlement, les forces gouvernementales et leurs alliés (milices, Africa Corps) sont responsables de violences ciblées, notamment contre les Peuls.

Au Nigeria, la résurgence de Boko Haram dans l’État de Borno et les violences des gangs dans le nord-ouest du pays illustrent l’incapacité des autorités à protéger les populations. Les enlèvements, les meurtres et les raids se multiplient, dans un climat d’impunité totale.

un appel à l’action internationale

Human Rights Watch alerte sur la nécessité d’une mobilisation urgente des organisations régionales et internationales. L’Union africaine et les autres instances doivent impérativement renforcer leur soutien aux populations civiles et faire pression sur les régimes autoritaires pour qu’ils respectent les droits humains.

Face à cette déferlante autoritaire, Philippe Bolopion, directeur exécutif de Human Rights Watch, appelle les démocraties à former une alliance stratégique pour défendre les libertés fondamentales. « Le système des droits humains est menacé comme jamais auparavant. Sans une réponse coordonnée, la situation ne fera qu’empirer. »

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