Malgré l’engagement diplomatique de l’administration de Donald Trump, l’accord de paix de Washington conclu entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame n’a pas encore produit les effets escomptés. Le Burundi, qui assure actuellement la présidence de l’Union africaine, déplore la persistance des hostilités dans l’est de la République démocratique du Congo, où les forces gouvernementales font face à la rébellion de l’AFC/M23, appuyée par le Rwanda.
Un constat d’échec pour les initiatives de paix
Lors d’un échange diplomatique majeur à Bujumbura, le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, a partagé ses inquiétudes avec son homologue congolais, Floribert Anzuluni. L’officiel burundais a souligné que le non-respect des engagements pris sous l’égide de Washington entrave la stabilisation de la région. Si certains retours de déplacés ont été observés, de nombreuses zones demeurent sous l’emprise de l’insécurité, provoquant de nouvelles vagues de réfugiés vers les pays limitrophes.
Face à cette situation critique, le Burundi plaide pour une implication plus vigoureuse de la communauté internationale afin de soutenir les processus régionaux déjà en cours. L’objectif reste clair : faire taire les armes, une priorité affichée par le président Évariste Ndayishimiye depuis sa prise de fonction à la tête de l’Union africaine, succédant ainsi à l’Angolais João Lourenço.
Une alliance stratégique entre Bujumbura et Kinshasa
Les relations entre le Burundi et la RDC se sont intensifiées avec la signature d’un accord bilatéral de défense en mars 2023. Pour contrer l’agression dans le Sud-Kivu et sécuriser les frontières, des milliers de soldats burundais sont déployés aux côtés des FARDC. Cette coopération militaire s’accompagne d’un volet diplomatique actif, notamment au sein de la CIRGL, organisation dont la RDC assure la direction et dont le prochain sommet ordinaire est en pleine préparation.
Impasse diplomatique et conséquences humanitaires
Le dialogue entamé à Montreux, en Suisse, avec la médiation du Qatar et du Togo, semble lui aussi marquer le pas. Les accusations mutuelles de violation du cessez-le-feu entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 paralysent la mise en œuvre des engagements. Cette paralysie diplomatique, observée de près par les médiateurs internationaux, continue d’aggraver la crise sécuritaire et humanitaire dans les provinces orientales du pays.
Enfin, les deux ministres ont profité de cette rencontre pour aborder des questions de coopération bilatérale, telles que la construction de la future ambassade du Burundi à Kinshasa et la gestion du secrétariat exécutif de la CIRGL. Floribert Anzuluni a tenu à saluer l’engagement humanitaire de Bujumbura envers les réfugiés congolais installés sur le sol burundais.