Conseil constitutionnel : Ousmane Sonko passe de l’apaisement à une critique cinglante

Ousmane Sonko a récemment opéré un virage à 180 degrés dans son discours concernant le Conseil constitutionnel. Après avoir prôné le respect de ses décisions, il s’est livré à une charge virulente lors de l’inauguration du siège de Pastef à Touba, dénonçant une dérive institutionnelle sans précédent.
Quelques jours seulement après avoir appelé au calme et au respect des décisions du Conseil constitutionnel, Ousmane Sonko a radicalement modifié sa position. Rappelons que, suite à l’annulation par les Sages d’un texte voté par l’Assemblée nationale visant à étendre les pouvoirs du Parlement au détriment de ceux du président de la République, il avait publiquement salué cette décision. « Cette décision s’impose à tous ! En démocratie, lorsque les institutions respectent leurs prérogatives, aucun conflit ne peut éclater », avait-il alors affirmé avec conviction.
Pourtant, lors de son allocution à Touba, le leader de Pastef a adopté un ton bien plus combatif. Face à des milliers de militants en liesse, il a remis en cause frontalement le verdict rendu par les sept magistrats du Conseil constitutionnel : « Le Conseil ne peut imposer aux députés de légiférer uniquement dans l’intérêt du chef de l’État. Une telle situation est profondément alarmante pour notre pays. »
Il a également pointé du doigt la fréquence des saisines du Conseil par le président Bassirou Diomaye Faye. « Chaque semaine, le président recourt au Conseil constitutionnel, comme si les lois votées par les élus ne valaient rien », a-t-il dénoncé avec véhémence, sous les applaudissements nourris de l’assistance.