L’année 2025 s’est affirmée comme une période décisive pour le système de santé au Burkina Faso. Malgré un environnement national complexe, marqué par d’importants défis sécuritaires et économiques, le secteur sanitaire a enregistré des progrès significatifs, touchant aussi bien les infrastructures que les soins spécialisés et l’accessibilité financière aux services médicaux.
En 2025, le Burkina Faso a franchi une étape historique en réalisant, pour la première fois sur son territoire, une transplantation rénale.
Cette prouesse médicale, rendue possible grâce à l’engagement exemplaire des équipes burkinabè et turques au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo, constitue un jalon fondamental dans la prise en charge de l’insuffisance rénale.
Elle est appelée à réduire de manière substantielle la dépendance du pays aux évacuations sanitaires vers l’étranger, longtemps inévitables pour ce type de pathologie.
Dans la même dynamique d’excellence, une autre avancée médicale a été enregistrée à Kaya, dans la région du Kuilsé. Une équipe médicale, sous la direction du neurochirurgien Dr Lassané Taoko et avec l’assistance du Dr Fabrice Lompo, anesthésiste-réanimateur, a mené à bien une intervention délicate sur une patiente souffrant d’une tumeur cérébrale. Cette opération illustre la montée en compétence de la chirurgie spécialisée à l’échelle nationale.
Sur le plan des infrastructures de santé, 2025 a été marquée par l’inauguration du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Pala. Dotée d’équipements de pointe, cette nouvelle structure contribue à renforcer considérablement l’offre de soins spécialisés dans sa zone d’influence.
À cette évolution s’ajoute l’ouverture du centre d’hémodialyse de Gaoua, une réponse concrète aux besoins croissants des patients atteints de maladies rénales dans la région du Djôrô.
Par ailleurs, des progrès notables ont été observés en matière d’accessibilité financière aux soins. Les autorités sanitaires ont procédé à une réduction des coûts de certains examens médicaux essentiels dans les hôpitaux publics. Ainsi, le tarif du scanner est passé de 50 000 FCFA à 25 000 FCFA, représentant une baisse de 50 %, tandis que le coût moyen de l’IRM a été abaissé de 100 000 FCFA à 40 000 FCFA, soit une diminution de 60 %.
Concernant l’hémodialyse, la caution de 500 000 FCFA a été supprimée. Ces mesures sociales visent à alléger la charge financière des patients et à favoriser un diagnostic plus précoce des affections graves.
Dans le domaine de la prévention et de la santé publique, les efforts ont été maintenus. La campagne nationale de chimio-prévention du paludisme saisonnier a touché la quasi-totalité des enfants ciblés, âgés de 3 à 59 mois, participant ainsi à la diminution des formes sévères et des décès liés à cette maladie endémique. Simultanément, la lutte contre la mortalité maternelle et néonatale a été intensifiée grâce à la mise en œuvre de nouveaux mécanismes de suivi et de gestion des décès évitables.
L’année 2025 a également été le théâtre de l’adoption de réformes structurelles importantes, incluant le renforcement des soins de santé primaires, la numérisation progressive des services de santé communautaire et l’intensification des politiques de prévention, à l’image du durcissement de la réglementation anti-tabac.
En définitive, 2025 se distingue comme une année d’actions concrètes et de progrès remarquables pour le système de santé burkinabè. Si des défis subsistent, ces avancées témoignent néanmoins d’une volonté manifeste de construire un système de santé plus résilient, plus accessible et davantage orienté vers les besoins des populations.