Algérie et Tchad : une centrale électrique de 40 mégawatts pour renforcer la coopération

L’Algérie étend sa stratégie de stabilisation du Sahel par le développement économique à un nouveau pays : après le Niger, c’est au tour du Tchad de bénéficier d’un projet d’envergure. Le Premier ministre algérien Sifi Ghrieb a lancé une visite officielle dans ce pays du Sahel pour poser la première pierre d’une centrale électrique offerte par Alger, marquant une nouvelle étape dans les relations bilatérales.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité du don d’une centrale similaire au Niger, inaugurée en juin par la même équipe. Réalisée en un temps record de 70 jours par Sonelgaz International, cette centrale symbolise l’engagement concret de l’Algérie en faveur du développement régional.

Une centrale de 40 mégawatts pour électrifier le Tchad

Baptisée « centrale de solidarité algéro-tchadienne », cette infrastructure de 40 mégawatts sera construite dans la zone industrielle de Farcha, à N’Djamena, la capitale tchadienne. Le projet a été lancé en présence des deux chefs de gouvernement, Sifi Ghrieb et Allamaye Halina, lors d’une cérémonie symbolique.

Lors de son discours, le Premier ministre algérien a souligné que ce projet incarne « la volonté politique inébranlable » qui unit les dirigeants des deux nations. Il a rappelé que cette réalisation concrétise les orientations des présidents Abdelmadjid Tebboune et Mohamed Idris Déby Itno, visant à renforcer le « partenariat stratégique solide » entre l’Algérie et le Tchad, fondé sur une solidarité effective et des intérêts mutuels.

Sifi Ghrieb a également mis en avant « l’importance symbolique et pratique » de ce projet, marquant une transition « de la phase de planification à celle de la mise en œuvre d’initiatives communes ». Il a salué la rapidité avec laquelle ce projet a été approuvé et lancé, fruit de la dynamique initiée par la visite officielle du président tchadien en Algérie en avril 2026.

L’énergie, moteur du développement et de la coopération africaine

Le Premier ministre algérien a insisté sur le rôle central de l’énergie dans le développement économique et social. « L’Afrique à laquelle nous croyons est celle des initiatives concrètes », a-t-il déclaré, soulignant que l’électricité est un pilier essentiel pour attirer les investissements, dynamiser l’industrie et améliorer les services publics.

« Là où l’énergie est présente, les perspectives de croissance s’élargissent, le rythme de la transformation économique et sociale s’accélère et les niveaux de bien-être augmentent », a-t-il ajouté. Il a réaffirmé la conviction de l’Algérie que la coopération africaine, basée sur des projets concrets, peut générer une richesse durable au profit des peuples du continent.

Vers un partenariat énergétique renforcé au Sahel

Ce projet s’ajoute à une série d’initiatives programmées entre l’Algérie et le Tchad, incluant notamment le développement d’une raffinerie à N’Djamena, l’exploration géologique et les études sismiques, ainsi que la formation de cadres locaux. Ces actions visent à renforcer les liens dans la chaîne de valeur énergétique, avec des mécanismes permanents de consultation et de coordination.

Lors de l’inauguration de la centrale de Niamey, le ministre algérien de l’Énergie avait évoqué une demande croissante pour l’expertise de Sonelgaz International, sollicitée par plusieurs pays africains, dont la Côte d’Ivoire et le Mozambique. Cette entreprise, créée pour porter des projets internationaux, prépare déjà de nouvelles réalisations sur le continent.

L’Algérie ne se limite pas à l’électricité : elle développe également des projets pétroliers et gaziers dans la région, comme l’exploitation du champ pétrolier de Kafra au Niger. Le 4 juin, le tronçon algérien du gazoduc TSGP a été officiellement lancé à Adrar, en présence des ministres du pétrole du Nigeria et du Niger.

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