Une plainte pour diffamation a été officiellement déposée au parquet du Tribunal de grande instance hors classe de Dakar, déclenchant une procédure judiciaire qui s’annonce complexe. Signée par Serigne Modou Maroun Niang et Serigne Mourtalla Bousso, cette action en justice fait suite à des déclarations tenues par le leader du parti Pastef lors de l’inauguration du nouveau siège national de son mouvement. Les plaignants y voient une attaque grave contre l’image de la ville sainte de Touba, fondée sur des principes de vertu et de piété par Cheikh Ahmadou Bamba.
Dans leur requête, les petits-fils de Serigne Touba dénoncent une allégation selon laquelle « de l’argent sale est entré dans la ville sainte de Touba ». Pour eux, ces propos portent atteinte à l’honneur des habitants et à la réputation de la cité, construite sur des fondements religieux et moraux inébranlables. Les signataires réclament une enquête policière approfondie, exigeant notamment l’audition d’Ousmane Sonko afin qu’il s’explique et produise les éléments concrets justifiant ses accusations.
Les héritiers de Serigne Touba se disent prêts à accompagner les investigations en fournissant aux autorités des supports vidéo, des retranscriptions d’interventions publiques et des articles de presse. Leur objectif ? Démontrer le caractère infondé des assertions et permettre au procureur de Dakar d’engager, le cas échéant, des poursuites pour diffamation et propagation de fausses nouvelles, conformément aux dispositions du Code pénal sénégalais. Une telle démarche pourrait avoir des répercussions majeures dans un contexte politique déjà marqué par des tensions entre l’État et les autorités religieuses mourides.
Cette affaire survient à un moment où les relations entre le pouvoir central et la capitale spirituelle du mouridisme, Touba, restent sous haute surveillance. Les flux financiers et les prises de parole des figures politiques autour de cette cité suscitent régulièrement des débats houleux au Sénégal. La décision du procureur de Dakar sera donc scrutée de près, tant par les fidèles que par les observateurs politiques, pour évaluer la portée de cette plainte dans le paysage juridique et social du pays.