Yamoussoukro : l’immobilier en plein essor transforme la capitale politique ivoirienne

yamoussoukro : l’immobilier en plein essor transforme la capitale politique ivoirienne

basilique notre dame de la paix à yamoussoukro prise en 2024

À Yamoussoukro, la capitale politique de la Côte d’Ivoire, les paysages se métamorphosent sous l’effet d’une frénésie immobilière sans précédent. Les terrains prennent de la valeur jour après jour, tandis que les chantiers fleurissent aux quatre coins de la ville. Ce dynamisme attire une multitude d’investisseurs, mais soulève aussi des questions sur l’avenir des terres agricoles locales.

Depuis son drone, Francis Djaha survole régulièrement les parcelles qu’il propose à la vente. Depuis les airs, la vue sur la basilique Notre-Dame de la Paix, emblème du pays, est impressionnante. Autour, des centaines de lots sont déjà tracés. Les prix varient entre 15 et 40 millions de FCFA, selon l’emplacement et la taille. « Nous recevons de plus en plus de demandes, que ce soit pour des logements résidentiels, des projets industriels, des bureaux ou même des terrains agricoles », confie l’agent immobilier, actif dans le secteur depuis cinq ans.

une attractivité en forte croissance

Plusieurs facteurs expliquent cet engouement pour Yamoussoukro. L’accessibilité des terrains figure en tête de liste. Mais ce n’est pas le seul atout. « Les axes routiers y sont larges et bien entretenus, facilitant les déplacements dans toute la ville. Ajoutez à cela une atmosphère paisible et un patrimoine infrastructurel hérité du président Houphouët-Boigny », explique Francis Djaha. « De Yamoussoukro, on accède facilement à toutes les régions du pays. »

Cette attractivité croissante séduit des acquéreurs venus d’Abidjan, d’autres régions de la Côte d’Ivoire ou encore de la diaspora. Les prix encore abordables et les perspectives de développement de la capitale politique ivoirienne poussent à l’investissement. Un entrepreneur, souhaitant garder l’anonymat, vient d’acquérir une parcelle. « Notre objectif est de construire une résidence pour répondre aux besoins de la population », révèle-t-il.

la menace sur les terres agricoles

Cette ruée vers le foncier ne va pas sans conséquences. Autour de Yamoussoukro, les villages perdent peu à peu leurs terres arables, autrefois dédiées à la culture du cacao, de l’igname ou du manioc. Les lotissements grignotent progressivement ces espaces, suscitant à la fois espoir de modernisation et craintes pour les générations futures.

À Séman Sanhourikro, à quelques kilomètres de la capitale, Michel N’Goran, conseiller du chef du village, observe cette évolution avec inquiétude. « Avec les lotissements, nous ne pouvons plus cultiver nos terres. Dans 30 ou 50 ans, nous risquons de connaître le même sort que les Ebriés à Abidjan : plus aucune terre cultivable pour les Akouès et les Nanafouès de Yamoussoukro », alerte-t-il.

Le Plan national de développement prévoit notamment la construction d’une ligne de train à grande vitesse reliant Abidjan à Yamoussoukro en 45 minutes. Cette infrastructure devrait encore renforcer l’attractivité de la capitale politique ivoirienne, tout en accentuant les pressions sur les terres agricoles environnantes.

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