Le centre du Mali a de nouveau été le théâtre de violences meurtrières. En fin de journée, entre 17 et 18 heures, le groupe armé Jnim a lancé des offensives coordonnées contre cinq localités situées dans les secteurs de Bandiagara et Bankass.
Les assauts ont visé simultanément les villages de Logo, Soulakanda et Dimbal, au sein de la commune de Dimbal, ainsi que les hameaux d’Ogossagou et Kouroundé, rattachés à la commune de Bankass. Ces incursions ont déclenché des affrontements intenses avec les dozos, ces chasseurs traditionnels qui assurent souvent la sécurité des populations en l’absence de forces régulières.
Le bilan humain fait état d’une vingtaine de décès, incluant des combattants traditionnels et des civils. Malgré l’ampleur de ces événements, aucune intervention de l’armée n’a été signalée sur le terrain au moment des faits, et les autorités n’ont pour l’instant diffusé aucune communication officielle concernant ces événements dramatiques.
Une population en fuite face à l’insécurité
La terreur provoquée par ces raids a poussé de nombreux habitants à abandonner leurs foyers. Un flux important de déplacés se dirige actuellement vers la ville de Bankass, qui accueille déjà une population vulnérable conséquente. Cette situation fait craindre une aggravation de la crise humanitaire dans une zone déjà fragilisée par des attaques survenues au début du mois, lesquelles avaient coûté la vie à plus de cinquante personnes.
Ces nouvelles violences interviennent après les menaces explicites d’un porte-parole du Jnim. Ce dernier avait averti que les villages hébergeant des milices dozos ou refusant de conclure des pactes locaux avec les groupes djihadistes seraient pris pour cibles de manière systématique.