Un sommet crucial de la Cédéao en Afrique de l’Ouest sans les trois pays du Sahel

Freetown, en Sierra Leone, accueille ce dimanche la 69e édition du sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Une rencontre qui s’annonce décisive alors que l’organisation se retrouve une fois de plus privée de trois de ses membres historiques : le Niger, le Mali et le Burkina Faso ont choisi de se retirer pour former l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le contexte est d’autant plus tendu que la Cédéao tente depuis plusieurs mois de regagner une légitimité mise à mal par une série de crises politiques et sécuritaires dans la région. Les enjeux de ce sommet sont donc multiples : sécurité, coopération régionale et réinvention d’une organisation en pleine mutation.

Nigeria Abuja 2014 | Bouton de porte de la Cédéao où le continent africain est représenté, avec le détail des pays de la sous-région (illustration)

L’Alliance des États du Sahel : un défi pour la Cédéao

Le retrait du Niger, du Mali et du Burkina Faso n’est pas seulement symbolique. Ces trois pays, désormais regroupés au sein de la Confédération des États du Sahel (AES), restent des partenaires incontournables pour la sous-région. Les dirigeants ouest-africains devront donc se pencher sur les moyens de préserver les échanges commerciaux, la circulation des personnes et surtout, la coopération sécuritaire face à une menace terroriste qui ne connaît pas de frontières.

L’expert Aliou Diakite souligne l’urgence de repenser l’avenir de la Cédéao : « Il est crucial de discuter des défis actuels qui pèsent sur l’espace ouest-africain, notamment la criminalité organisée liée au terrorisme, les changements politiques post-électoraux, le changement climatique, les épidémies et les pandémies. Ces enjeux interpellent directement les chefs d’État, qui doivent définir une feuille de route pour les prochaines années. »

Nigeria Abuja 2025 | Drapeaux de la Cédéao lors du 68è sommet des chefs d'Etat et de gouvernement, en 2025 (illustration)

La Force en attente de la Cédéao : un projet toujours en suspens

Parmi les sujets récurrents à chaque sommet : la mise en place de la Force en attente de la Cédéao. Annoncée il y a plusieurs années, cette force régionale est censée offrir une réponse rapide aux crises terroristes, politiques et sécuritaires. Pourtant, elle peine toujours à devenir pleinement opérationnelle.

Les discussions menées cette semaine à Freetown par les ministres et responsables de la sécurité révèlent une volonté collective de concrétiser ce projet. Michel Ange Bangoura, responsable de la coopération avec la Cédéao, explique : « Sur le plan institutionnel, tout est prêt. Il ne manque plus que les moyens financiers et logistiques. Chaque pays doit contribuer au moins d’une compagnie, et un état-major doit être désigné. »

Interrogé sur un éventuel calendrier, il ajoute : « Les débats actuels pourraient permettre un déploiement rapide de cette force. L’objectif ? Un regroupement dans un pays hôte d’ici peu. »

Ce sommet sera également l’occasion d’aborder les réformes nécessaires pour restaurer la crédibilité de la Cédéao, mise à mal par des années de crises politiques et de coups d’État dans la région.

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