Tragédie à Bamako : deux hommes abattus près de l’ORTM

À Bamako, la capitale malienne, un incident fatal s’est produit aux abords de l’ORTM, la radio-télévision publique. Deux jeunes hommes ont perdu la vie dans la matinée de ce jeudi, aux alentours de 5h30, dans une zone hautement sécurisée qui abrite également un hôtel de prestige.

D’après les déclarations des autorités militaires, les deux individus, circulant à moto, auraient tenté de franchir de force les barrages de sécurité protégeant le siège de l’ORTM. Cependant, des témoignages recueillis sur place suggèrent qu’il pourrait s’agir de travailleurs saisonniers en route vers leur lieu de travail.

Cet événement suscite des réactions diverses au sein de la population de Bamako, notamment concernant l’usage de la force par les militaires. Les habitants s’adaptent progressivement à une présence accrue de barrages dans la ville.

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La circulation sous haute surveillance à Bamako

Les points de contrôle autour de l’Office de radiodiffusion télévision du Mali ont été mis en place le 25 avril dernier. Cette mesure est intervenue alors que les Forces Armées Maliennes (FAMa) étaient engagées dans des combats contre les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), suite à des attaques coordonnées dans sept localités du pays, y compris la capitale, Bamako.

Selon l’État-major des armées, les deux jeunes hommes n’auraient pas obtempéré aux sommations des agents en poste, après avoir franchi un premier barrage. Des tirs de sommation auraient été effectués avant que les deux individus ne soient abattus, toujours selon la version des autorités militaires.

Une conductrice, souhaitant rester anonyme, estime que les victimes auraient dû être conscientes des risques. « Il est de notoriété publique qu’en cette période d’incertitude, cette zone est interdite d’accès sans autorisation. En cas d’alerte, il faut s’arrêter pour éviter les problèmes. Les agents présents ce jour-là étaient, à mon avis, en droit d’agir. »

« Le mystère demeure »

Seyba, un autre habitant de Bamako, ne partage pas cet avis. Il pense que la vie des deux hommes aurait pu être épargnée pour permettre leur interrogatoire. « Les forces de l’ordre auraient dû viser la moto ou les jambes, pour les blesser et obtenir des aveux. Maintenant qu’ils sont morts, il est impossible de connaître leurs véritables intentions. Même s’il s’agissait de présumés terroristes, le mystère demeure. »

Les informations recueillies sur place indiquent que les deux jeunes hommes étaient des travailleurs saisonniers se rendant sur un chantier. Ils auraient agi par méconnaissance des règles de sécurité en vigueur dans cette zone sensible de Bamako.

Depuis cet incident, la sécurité a été significativement renforcée autour du secteur de l’ORTM. De même, les camps militaires de la capitale et l’aéroport international de Bamako Senou sont désormais sous haute surveillance, avec un accès strictement réservé aux voyageurs et au personnel aéroportuaire.

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