Le climat social est particulièrement tendu au Sénégal suite à la diffusion d’un reportage télévisé traitant de la condition des homosexuels dans le pays. Ce sujet, diffusé par un média public français, a déclenché une vague de protestations, de nombreux observateurs et citoyens dénonçant un traitement de l’information jugé mensonger et orienté.

Une pluie de critiques sur les réseaux sociaux
Le point de friction majeur concerne le témoignage anonyme d’un individu présenté comme homosexuel. Ce dernier soutient que les Sénégalais sont élevés dans l’idée que le meurtre d’une personne en raison de son orientation sexuelle ouvrirait les portes du paradis. Cette affirmation a immédiatement suscité l’indignation générale. « En tant que Sénégalais, c’est une chose que je n’ai jamais entendue », s’étonne un internaute, tandis que d’autres fustigent des « contrevérités » visant à ternir l’image de la société sénégalaise.
Au-delà de ces témoignages, c’est l’angle journalistique qui est vivement remis en question. Les critiques estiment que le reportage occulte volontairement le contexte juridique des récentes arrestations au Sénégal. En effet, si le média met l’accent sur l’orientation sexuelle, les autorités fondent une partie de leurs actions sur des accusations de transmission volontaire du VIH-Sida, un délit spécifique encadré par la loi.
L’incompréhension est d’autant plus grande que des praticiens du Centre national de lutte contre le Sida ont été sollicités pour le reportage, sans que la problématique de la propagation délibérée du virus ne soit abordée à l’écran. Pour une large part de l’opinion, ce choix éditorial reflète une volonté de construire un récit partial, ignorant délibérément les faits judiciaires au profit d’une narration préétablie.
