Tabaski à Niamey : les prix des moutons s’envolent malgré une offre abondante

À l’approche de la grande célébration de l’Aïd al-Adha, la capitale nigérienne vit au rythme de l’arrivée incessante de convois de bétail. Malgré une présence massive d’animaux dans les rues et sur les places de marché, les acheteurs font face à une réalité économique brutale : une inflation galopante qui pèse lourdement sur le budget des foyers.

Le contraste est frappant à Niamey. D’un côté, les camions chargés de bêtes affluent des différentes régions du Niger, saturant l’espace urbain. De l’autre, les tarifs pratiqués s’éloignent de plus en plus des capacités financières de la population. Contrairement à l’an dernier, l’édition 2026 de la Tabaski est marquée par une hausse spectaculaire des prix, transformant l’achat du sacrifice en un véritable défi logistique et financier.

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Analyse des prix : du simple bélier au mouton de luxe

La prospection sur les marchés de la ville révèle des écarts de prix considérables. Pour acquérir un bélier cette année, il faut prévoir un budget allant de 85 000 à 450 000 FCFA. Voici comment se décompose le marché actuel :

  • Les petits budgets (80 000 – 100 000 FCFA) : Cette catégorie concerne principalement les agneaux et les moutons de petite taille, représentant le seuil minimal pour accomplir le rite.
  • Le cœur du marché (120 000 – 200 000 FCFA) : Très prisés par les classes moyennes, ces animaux de bonne corpulence imposent néanmoins un effort financier majeur aux pères de famille.
  • Le segment prestige (250 000 – 450 000 FCFA) : Il s’agit de béliers massifs ou de races d’exception, dont le coût est devenu prohibitif pour une grande partie des Nigériens.

La flambée collatérale des condiments

L’inflation ne s’arrête pas au bétail. Les ingrédients nécessaires à la préparation des repas de fête subissent également une poussée de fièvre. Le piment sec, élément central des assaisonnements, a vu son prix exploser. En l’espace d’une semaine, le sac de 100 kg est passé de 20 000 FCFA à 30 000 FCFA, soit une augmentation de 50 %. Désormais, la mesure habituelle (tia) se négocie autour de 1 000 FCFA sur les étals.

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Un pouvoir d’achat sous haute tension

Le paradoxe entre la disponibilité massive du bétail et son accessibilité financière suscite l’amertume chez les habitants de Niamey. Bien que les points de vente soient saturés d’animaux, les prix demeurent hors de portée pour beaucoup de citoyens. Cette spéculation, couplée à l’effervescence des derniers jours, place de nombreux ménages nigériens devant des arbitrages budgétaires difficiles pour célébrer dignement la Tabaski.

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