La Cour suprême du Sénégal a une nouvelle fois refusé de se prononcer sur le litige opposant Ousmane Sonko à ses détracteurs concernant son retour à l’Assemblée nationale. Le juge des référés de la plus haute juridiction s’est déclaré incompétent pour trancher en urgence cette affaire, invoquant le caractère interne au Parlement de la question soulevée.
Cette décision intervient après la saisine de l’Union nationale des indépendants du Sénégal, qui contestait la légalité de la procédure ayant permis à l’ancien président du parti Pastef de récupérer son mandat de député, avant même d’occuper le fauteuil de président de l’Assemblée. Une situation qui s’ajoute à un précédent juridique : en juin 2023, le Conseil constitutionnel s’était lui aussi prononcé sur un recours similaire déposé par dix-huit députés de l’opposition. La haute instance avait alors refusé d’examiner le dossier, arguant que l’acte contesté n’était pas directement lié au scrutin électoral et échappait donc à sa compétence en matière de régularité des élections.
Deux institutions judiciaires majeures, la Cour suprême et le Conseil constitutionnel, ont ainsi toutes deux choisi de ne pas entrer dans le fond du différend entourant le retour d’Ousmane Sonko à la Chambre basse. Une posture qui alimente les critiques, notamment celles de l’avocat Amadou Guèye, qui y voit une forme de déni de justice. Ses remarques s’ajoutent à celles de juristes et de responsables politiques de l’opposition, qui dénoncent depuis des semaines un vide juridique autour de ce dossier. Ousmane Sonko, de son côté, a systématiquement évoqué un complot politique, accusant ses adversaires d’avoir instrumentalisé les recours judiciaires pour le marginaliser, au mépris des règles juridiques.
Si la Cour suprême a botté en touche sur la demande d’urgence, l’issue finale de ce long feuilleton judiciaire reste suspendue à la décision sur le fond. Entre temps, les tensions persistent entre la majorité pro-Sonko et une partie de l’opposition, qui multiplie les recours sans obtenir gain de cause devant les juridictions saisies. L’incertitude juridique continue ainsi de peser sur la scène politique sénégalaise.