Sénégal : vers l’élection d’Ousmane Sonko à la tête de l’Assemblée nationale

Le Sénégal traverse une phase de recomposition politique majeure. Dimanche, El Malick Ndiaye, le président de l’Assemblée nationale, a annoncé sa démission. Ce retrait inattendu pave la voie à une possible ascension d’Ousmane Sonko à la tête du Parlement, quelques jours seulement après son éviction de la primature par le président Bassirou Diomaye Faye.

Un repositionnement stratégique pour le leader du Pastef

Dans une déclaration publique, El Malick Ndiaye a justifié son départ par sa conception de l’intérêt national et du rôle des institutions. Fidèle allié d’Ousmane Sonko, il occupait ce poste stratégique depuis le succès électoral massif du Pastef en 2024, le parti ayant raflé 130 sièges sur les 165 que compte l’hémicycle.

Une session plénière est prévue ce mardi. L’ordre du jour est crucial : les députés devront acter la réintégration d’Ousmane Sonko en tant que parlementaire avant de procéder au vote pour désigner le nouveau président de l’institution. Ce scénario permettrait au leader du Pastef de conserver un rôle de premier plan dans l’architecture du pouvoir sénégalais, fort d’une base populaire toujours très mobilisée.

Les coulisses d’un divorce politique

Cette mutation intervient dans un climat de tension entre les deux figures de proue de l’alternance de 2024. Vendredi dernier, le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de son Premier ministre, officialisant une fracture profonde. Pourtant, lors de la campagne présidentielle, le slogan « Diomaye Moy Sonko » symbolisait l’unité indéfectible du duo.

Les divergences se sont cristallisées autour de plusieurs dossiers sensibles :

  • La lenteur des poursuites judiciaires contre les anciens cadres de l’administration de Macky Sall.
  • La gestion des fonds politiques, point de friction majeur lors des récents débats parlementaires.
  • Une lutte d’influence croissante au sein de la majorité présidentielle.

Ousmane Sonko déplorait publiquement un manque de fermeté de l’exécutif face à la corruption, tandis que le président Faye s’inquiétait de l’omniprésence de son Premier ministre dans la gestion des affaires de l’État.

Un climat d’incertitude à Dakar

Malgré sa sortie du gouvernement, l’influence d’Ousmane Sonko reste intacte. Vendredi soir, des manifestations de soutien ont éclaté devant sa résidence à Dakar, illustrant son poids politique persistant. Pour le président Bassirou Diomaye Faye, le défi est désormais de nommer un nouveau chef de gouvernement capable de naviguer dans une Assemblée nationale où l’ombre de son ancien allié plane plus que jamais.

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