Le Sénégal apporte son soutien à la candidature de Macky Sall pour diriger l’ONU

Le gouvernement sénégalais a officiellement annoncé, lundi 20 juillet, son changement de position concernant la candidature de l’ancien président Macky Sall à la tête de l’Organisation des Nations unies (ONU). Cette volte-face intervient seulement trois jours après une rencontre entre l’ex-chef d’État et le président actuel Bassirou Diomaye Faye, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.
Jusqu’à présent, Dakar n’avait pas affiché son soutien à Macky Sall, qui a dirigé le pays de 2012 à 2024. Contrairement à la tradition diplomatique, c’est le Burundi, alors président de l’Union africaine (UA), qui avait soumis cette candidature à l’ONU.
En mars 2024, une vingtaine d’États membres de l’UA, dont le Sénégal, avaient refusé d’appuyer cette initiative pour succéder à António Guterres.
Macky Sall est actuellement visé par des accusations portées par les autorités sénégalaises en place depuis avril 2024, notamment celle d’avoir réprimé avec fermeté les mouvements de protestation de l’opposition entre 2021 et 2024, entraînant la mort de plusieurs dizaines de personnes.
Cependant, une réévaluation stratégique de cette position a été opérée après une visite éclair de l’ex-président à Dakar, où il a été accueilli par une foule nombreuse.
Une candidature alignée sur les ambitions panafricaines
Dans un communiqué officiel, le président Bassirou Diomaye Faye a confirmé que le Sénégal « apportera un soutien total » à la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’ONU. Le texte souligne que cette décision s’inscrit dans une volonté de « servir l’Afrique » et de renforcer le multilatéralisme international.
Le gouvernement sénégalais a reçu l’instruction de mobiliser activement son réseau diplomatique pour promouvoir cette candidature auprès des États membres de l’ONU.
La candidature de Macky Sall est désormais présentée comme « la candidature du Sénégal au service de l’Afrique », reflétant une approche unifiée pour un multilatéralisme plus efficace.
Plus de deux ans après son départ du pouvoir en avril 2024, son retour à Dakar a suscité des réactions contrastées. Si certains y voient un engagement en faveur du continent, ses détracteurs exigent des éclaircissements sur les nombreux homicides survenus durant ses mandats, ainsi que sur la gestion de la dette publique, qu’ils accusent d’avoir été partiellement dissimulée.