Sénégal : le président Bassirou Diomaye Faye prône l’unité face aux tensions politiques

Dans un climat marqué par de vives frictions au sommet de l’État, le président Bassirou Diomaye Faye a pris la parole lors d’une cérémonie solennelle organisée en l’honneur d’Abdoulaye Wade. Cet hommage national, célébrant le centenaire de l’ancien dirigeant sénégalais, a servi de tribune au chef de l’État pour envoyer un message de tempérance en pleine tourmente politique au Sénégal.

S’exprimant avec gravité, le président Faye a souligné que les divergences politiques, aussi profondes soient-elles, ne doivent jamais fragiliser les fondements de la nation. « La démocratie n’est pas un butin que l’on arrache et que l’on garde jalousement », a-t-il affirmé, préférant la métaphore d’une « flamme que l’on se passe de main en main et qu’il ne faut jamais laisser s’éteindre ».

Cette sortie intervient peu après la rupture officielle entre le président et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, démis de ses fonctions le 22 mai dernier. Les deux alliés d’hier semblent désormais engagés dans un bras de fer institutionnel. Ousmane Sonko, propulsé à la tête de l’Assemblée nationale le 26 mai, a récemment évoqué une situation de « cohabitation », invitant le chef de l’État à descendre de son piédestal pour engager le dialogue.

Considérer l’adversaire comme un compatriote

Devant une assemblée réunie au Grand Théâtre de Dakar, Bassirou Diomaye Faye a puisé dans l’héritage d’Abdoulaye Wade pour appeler au calme. Il a rappelé les enseignements de l’ancien président, qui a dirigé le pays de 2000 à 2012, insistant sur le fait que l’adversité politique ne doit pas se transformer en haine personnelle.

« Vous nous avez appris qu’une querelle ne mérite pas que l’on déchire le pays qui nous est commun », a lancé le président Faye à l’adresse du patriarche. Il a également insisté sur l’importance de servir la jeunesse plutôt que de l’instrumentaliser à des fins partisanes. Pour le chef de l’État, l’opposant n’est pas un ennemi, mais un citoyen qui porte une vision différente pour le Sénégal.

Acclamé par la foule, le président a conclu son allocution en saluant la résilience d’Abdoulaye Wade et sa capacité à ne jamais désespérer de ses compagnons de route, même lorsque ces derniers s’égarent dans l’acrimonie. Une mise au point limpide sur la nécessité de préserver la paix sociale malgré les soubresauts de la vie politique sénégalaise.

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