Une participation citoyenne jugée insuffisante par la société civile
Le Mouvement autonome chrétien pour le développement durable (MAC 20), organisation active de la société civile au Sénégal, tire la sonnette d’alarme sur la timidité de l’implication des fidèles dans la sphère politique nationale. Lors d’une rencontre stratégique organisée à Mbour, au sud de Dakar, le mouvement a souligné la nécessité d’un réveil citoyen au sein de cette communauté.
Ce forum, placé sous le haut patronage du ministre des Forces armées, Augustin Tine, s’est concentré sur la thématique cruciale du leadership et de l’engagement civique. En perspective des prochaines échéances électorales législatives du 30 juillet, le mouvement souhaite insuffler une nouvelle dynamique pour que les chrétiens ne soient plus de simples spectateurs, mais des acteurs décisionnels au cœur de la cité.
Le défi du leadership au sein des partis
Par la voix de son président, Emile Daly Diouf, le MAC 20 exhorte les catholiques à s’impliquer davantage pour assumer des responsabilités de premier plan au sein des formations politiques. « Même si nous sommes une minorité, nous voulons que cet engagement soit beaucoup plus massif qu’il ne l’est actuellement », a-t-il affirmé. Selon lui, si des chrétiens militent déjà, le manque de leadership réel les empêche d’accéder aux instances où se prennent les grandes orientations du pays.
L’ambition du MAC 20 n’est pas de présenter ses propres candidats, mais de soutenir activement des leaders chrétiens au sein de leurs structures respectives. L’organisation envisage également d’accompagner des candidats lors de l’élection présidentielle de 2019, en misant sur la promotion de cadres capables de porter une parole politique forte et réfléchie, tout en restant en phase avec les autorités religieuses.
Une représentativité parlementaire en question
La situation à l’Assemblée nationale illustre parfaitement ce constat de sous-représentation. La parlementaire Hélène Tine a rappelé que sur les 150 députés que compte l’hémicycle, seuls trois sont de confession chrétienne. Elle-même est l’unique femme chrétienne parmi les 64 députées de l’institution. Elle souligne que malgré les encouragements de l’Église, l’implication reste trop discrète.
Cette faible présence s’explique notamment par des positions souvent défavorables sur les listes électorales nationales, ce qui compromet les chances d’élection. Hélène Tine appelle donc à un effort conjoint de la communauté chrétienne et des partis politiques pour valoriser la diversité, pilier historique de la cohésion sociale au Sénégal, qu’il convient de préserver et de cultiver à travers une gestion inclusive des affaires publiques.