Sénégal et succession de guterres : un soutien inattendu à macky sall

Le Sénégal fait front commun avec Macky Sall pour l’ONU

Trois jours après l’avoir reçu officiellement, Bassirou Diomaye Faye a annoncé que le Sénégal soutiendrait sans réserve la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général des Nations unies. Un choix inattendu, mais qui s’inscrit dans une logique d’intérêt national et continental.

Un geste diplomatique au-delà des clivages

Pour le président sénégalais, cette décision marque une forme de dépassement des tensions passées. En effet, son ascension politique a été marquée par des épreuves liées à l’ancien régime : emprisonnement en 2023, puis libération in extremis avant l’élection de 2024. Pourtant, face à l’enjeu d’une candidature sénégalaise à la tête de l’ONU, les rancœurs ont cédé la place à une vision stratégique.

Ce soutien n’est pas anodin. Il symbolise une continuité de l’État sénégalais, au-delà des alternances politiques. « Nous dialoguons au-delà des clivages », a souligné la présidence, insistant sur la volonté de porter ensemble un dossier jugé crucial pour l’Afrique et son rôle dans le multilatéralisme.

Une rupture politique qui a tout changé

Ce revirement s’explique en grande partie par un tournant politique majeur : la fin de l’alliance entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Tant que cette coalition persistait, toute normalisation avec l’ancien président Macky Sall était exclue. En mai dernier, la destitution de Sonko de son poste de Premier ministre a libéré la parole du chef de l’État.

Désormais, Bassirou Diomaye Faye peut agir en tant que président d’une nation souveraine, et non en tant que leader d’un mouvement politique. Cette liberté lui permet de promouvoir une candidature qui pourrait renforcer la position du Sénégal sur la scène internationale. Une opportunité à saisir pour redéfinir les alliances du pays.

Une stratégie à long terme pour le président sénégalais

Cette décision s’inscrit également dans une réflexion plus large sur l’avenir politique de Bassirou Diomaye Faye. En préparant une nouvelle formation politique, il cherche à élargir sa base électorale en intégrant des réseaux issus de l’ancien système, y compris ceux de Macky Sall et d’Abdoulaye Wade. Une manœuvre audacieuse pour consolider son pouvoir en vue de 2029.

Le soutien apporté à Macky Sall est donc bien plus qu’un geste symbolique : c’est une opération tactique. Lors de leur rencontre, l’accueil chaleureux réservé à l’ancien président a confirmé sa popularité persistante, un atout pour le gouvernement actuel.

Un atout majeur pour la candidature de Macky Sall à l’ONU

Pour l’ancien président sénégalais, cette reconnaissance officielle change la donne. Jusqu’ici, son absence de soutien de Dakar était perçue comme un désaveu, fragilisant sa candidature face aux autres prétendants, principalement latino-américains. Désormais, avec le feu vert du Sénégal, Macky Sall peut se présenter comme un candidat pleinement légitime.

Pourtant, malgré ce coup de pouce diplomatique, la route reste semée d’embûches. La tradition de rotation régionale joue en sa défaveur : l’Amérique latine n’a pas fourni de secrétaire général depuis plus de trente ans, et quatre des cinq candidats en lice en sont issus. Macky Sall, seul Africain et ancien chef d’État, devra convaincre au-delà des coutumes.

Un équilibre diplomatique à préserver

Son parcours international, marqué par des relations équilibrées avec la France et la Russie, pourrait être un atout. Après son exclusion lors du vote sur l’Ukraine en 2022, le Sénégal avait adopté une position d’abstention, reflétant une diplomatie pragmatique. Plus récemment, Macky Sall a rencontré Sergueï Lavrov à Moscou, confirmant son ancrage dans un jeu d’influence global.

Le verdict tombera cet automne, lorsque le Conseil de sécurité tranchera. En attendant, ce soutien sénégalais offre à Macky Sall une assise solide pour défendre ses chances. Une opportunité historique pour le continent africain, longtemps sous-représenté à la tête de l’organisation.

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