Crise dans l’est de la RDC : la SADC exige le respect des accords de paix sous l’égide de l’Union africaine
Un sommet virtuel d’urgence de la Troïka de l’Organe politique, de défense et de sécurité de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) s’est tenu ce lundi 22 juin. Cette réunion, présidée par le vice-président malawite Enoch Kamzingeni Chihana au nom du président Arthur Peter Mutharika, a placé la République démocratique du Congo (RDC) au cœur des débats.
Une situation sécuritaire qui s’aggrave dans l’Est de la RDC
Les participants ont exprimé leur inquiétude croissante face à la dégradation continue de la situation dans les provinces de l’Est, notamment au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. « L’instabilité actuelle ne menace pas seulement la paix nationale, mais compromet également les efforts d’intégration régionale et la stabilité du continent », a souligné un communiqué officiel.
Parmi les points noirs évoqués :
- La résurgence de l’épidémie d’Ebola dans plusieurs zones frontalières
- L’intensification des combats entre les forces gouvernementales et les groupes armés, notamment le M23
- La multiplication des exactions contre les populations civiles
La SADC rappelle les engagements internationaux
Face à cette escalade, la Troïka a réaffirmé avec force l’importance des deux principaux cadres de négociation :
- L’accord de Doha, signé en 2013 sous l’égide de l’Union africaine, qui prévoyait un cessez-le-feu et un processus de désarmement des groupes rebelles
- L’accord de Washington, conclu en 2022 avec le soutien des États-Unis, visant à relancer le dialogue politique et à rétablir l’autorité de l’État dans les zones sous contrôle des groupes armés
Enoch Kamzingeni Chihana a insisté : « Ces accords ne sont pas de simples documents. Ils représentent des engagements concrets devant la communauté internationale et les peuples africains. Leur respect est une condition sine qua non pour rétablir la confiance et ouvrir la voie à une paix durable ».
Des recommandations avant le sommet de Durban en août
Plusieurs mesures ont été proposées pour renforcer la crédibilité des processus de paix :
- La mise en place d’un mécanisme de surveillance indépendant pour vérifier le respect du cessez-le-feu
- L’organisation d’une conférence régionale élargie avec la participation de tous les acteurs congolais et des pays voisins
- Un renforcement des capacités des forces de maintien de la paix de la SADC dans la région
Ces propositions devront être soumises lors du 46ᵉ sommet ordinaire de la SADC, prévu du 16 au 17 août 2026 à Durban (Afrique du Sud), où Pretoria prendra officiellement la présidence de l’organisation pour un an.
Un appel à l’unité africaine
Le communiqué final souligne que « la stabilité de la RDC est indissociable de la sécurité de toute l’Afrique australe ». La SADC a appelé l’Union africaine à jouer un rôle plus actif dans le suivi de la mise en œuvre des accords, en coordination avec les initiatives diplomatiques en cours.
Cette réunion intervient alors que les tentatives de médiation internationales peinent à produire des résultats tangibles sur le terrain. « Les accords existent. Ce qui manque aujourd’hui, c’est une volonté politique réelle de les appliquer », a déclaré un observateur sous couvert d’anonymat.
En conclusion, la SADC a réaffirmé sa solidarité avec le peuple congolais et appelé toutes les parties prenantes à dépasser leurs divergences immédiates pour œuvrer en faveur d’une solution négociée.