Rupture au sommet de l’État sénégalais : le président Faye limoge Ousmane Sonko

Le climat politique au Sénégal vient de franchir un seuil critique. Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement démis de ses fonctions son Premier ministre, Ousmane Sonko. Ce limogeage marque la fin brutale d’une collaboration qui avait pourtant porté le duo au sommet de l’État lors de l’élection présidentielle de mars 2024.

Élu dès le premier tour avec 54 % des suffrages, Bassirou Diomaye Faye avait bénéficié du soutien massif de son mentor, alors frappé d’inéligibilité pour diffamation. À l’époque, l’unité semblait totale derrière le slogan « Diomaye moy Sonko », promettant un renouveau profond pour le pays après des années de turbulences. Cette lune de miel, entamée juste après leur sortie de prison, semble désormais appartenir au passé, laissant place à une incertitude majeure pour la politique Sénégal.

Les divergences entre les deux hommes n’ont cessé de s’accentuer ces derniers mois. En ligne de mire : la gestion de la dette publique colossale, qui culmine à 132 % du PIB, faisant du Sénégal l’un des pays les plus endettés d’Afrique subsaharienne. Au-delà des questions économiques, une rivalité sourde pour l’échéance présidentielle de 2029 aurait grippé l’appareil d’État, ralentissant les réformes structurelles promises aux électeurs.

Une rivalité politique en vue de 2029

Ce divorce institutionnel place le président Faye dans une position délicate. Malgré son éviction du gouvernement, Ousmane Sonko conserve une influence politique prédominante. En tant que leader incontesté du Pastef, il garde la main sur une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, disposant de 130 députés sur 165. Sans l’appui de cette base parlementaire, l’action du chef de l’État pourrait se heurter à des blocages législatifs permanents.

La figure d’Ousmane Sonko reste centrale dans la société nigérienne et sénégalaise par extension de son aura régionale. Très populaire auprès de la jeunesse, il incarne une volonté de souveraineté nationale affirmée. Son discours, axé sur la lutte contre la corruption et la redéfinition des relations internationales, continue de résonner fortement. Loin d’une posture purement radicale, il défend une vision où le Sénégal reprendrait le contrôle de son destin économique et diplomatique, invitant les partenaires étrangers à repenser leurs liens avec Dakar sur des bases plus équilibrées.

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