Réforme constitutionnelle au Sénégal : le pastef pousse pour plus de transparence

RÉFORME CONSTITUTIONNELLE AU SÉNÉGAL : LE PASTEF VEUT PLUS DE TRANSPARENCE

Dakar — Une session parlementaire exceptionnelle s’ouvre aujourd’hui au Sénégal, marquée par l’examen urgent de cinq textes législatifs. Parmi eux, deux propositions portées par la majorité Pastef visent à renforcer le contrôle des « fonds secrets » et à imposer une déclaration systématique du patrimoine présidentiel en fin de mandat.

Cette initiative intervient dans un climat politique particulièrement tendu, où les divergences entre le Premier ministre et le président Bassirou Diomaye Faye s’aggravent. Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a ouvert cette session de quinze jours pour tenter de faire avancer ces réformes clés.

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Les députés examineront notamment une modification de l’article 37 de la Constitution, déjà adopté en juin dernier avant d’être invalidé par le Conseil constitutionnel. Cette nouvelle version impose au chef de l’État de déclarer son patrimoine non seulement à son entrée en fonction, mais aussi à la fin de son mandat, une mesure symbolique de transparence.

Le contrôle des « fonds secrets » au cœur des tensions

Le second texte phare concerne les crédits spéciaux, souvent appelés « fonds secrets », attribués à la présidence et à la primature. La majorité Pastef propose un contrôle renforcé par une commission parlementaire restreinte, un sujet qui cristallise les désaccords entre Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye depuis des mois.

Pour Moussa Diaw, politologue à l’université Gaston Berger de Saint-Louis, ces initiatives reflètent une volonté de transparence accrue et de reddition des comptes. Il souligne également leur corrélation avec la création récente du parti Kiiraay par le président Bassirou Diomaye Faye, un mouvement politique qui s’inscrit dans cette logique de renouvellement institutionnel.

Les deux propositions seront examinées en urgence, mais leur adoption dépendra des débats parlementaires et de la validation finale du Conseil constitutionnel. Trois autres projets de loi, déposés par le gouvernement, complètent cette session : le Code de la sécurité sociale, le Code du travail et un texte dédié à la sécurité numérique.

Sécurité numérique : une priorité après les cyberattaques

Le projet de loi sur la sécurité numérique s’impose comme une réponse aux récents piratages subis par des institutions publiques sénégalaises. Depuis octobre dernier, plusieurs attaques ont ciblé des structures sensibles, dont le Trésor public, révélant la vulnérabilité des infrastructures étatiques. Ce texte vise à encadrer et renforcer la protection des données et des systèmes numériques de l’État.

Cette session parlementaire exceptionnelle s’annonce donc comme un tournant pour le Sénégal, où les enjeux de transparence, de contrôle des dépenses publiques et de cybersécurité sont au premier plan. Les débats à venir pourraient redéfinir les équilibres politiques du pays.

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