RDC : le M23 exploite 15 à 30 % du coltan mondial à Rubaya, la France dénonce un financement illégal

RDC : le M23 finance son administration illégale grâce au coltan de Rubaya

Exploitation minière de Rubaya

Le coltan de Rubaya, une manne financière pour le M23

Lors d’une réunion en formule Arria organisée à New York, l’ambassadeur français auprès de l’ONU, Jérôme Bonnafont, a mis en lumière l’exploitation illégale des ressources minières en République démocratique du Congo. Selon lui, le groupe armé M23 contrôle entre 15 % et 30 % de la production mondiale de coltan à travers le site de Rubaya, alimentant ainsi son administration « illégale ».

Cette situation, qualifiée de menace pour la souveraineté et l’intégrité territoriale de la RDC, s’inscrit dans un contexte où les ressources naturelles deviennent un enjeu majeur de paix et de sécurité internationales. Le diplomate français a rappelé que ces pillages financent des conflits et alimentent la violence, notamment en Afrique où les richesses naturelles sont souvent captées par des acteurs extérieurs ou des groupes armés.

La France exige le respect de la résolution 2773

La France a réitéré son soutien à l’initiative congolaise visant à intégrer la gouvernance des ressources naturelles au cœur des débats du Conseil de sécurité de l’ONU. Jérôme Bonnafont a insisté sur la nécessité de mettre fin aux hostilités et de respecter la résolution 2773, qui appelle notamment au retrait des Forces de défense rwandaises du territoire congolais et à la neutralisation des FDLR.

Le diplomate a également souligné l’importance de renforcer la lutte contre l’exploitation illicite des minerais via des mécanismes internationaux de transparence et de traçabilité. Les régimes de sanctions doivent être mobilisés pour rompre le lien entre le pillage des ressources et le financement des conflits.

Un contexte diplomatique complexe

Cette intervention s’inscrit dans le cadre de la présidence congolaise du Conseil de sécurité de l’ONU, qui a récemment organisé un briefing sur les violences sexuelles liées aux conflits. Ces initiatives visent à renforcer la prévention et la protection des populations civiles, tout en luttant contre l’impunité.

Malgré les accords diplomatiques, comme celui signé entre la RDC et le Rwanda, la situation sécuritaire reste fragile. Le processus de dialogue sous l’égide du Qatar, visant à apaiser les tensions entre Kinshasa et la rébellion de l’AFC/M23, reste dans l’impasse. Les rebelles, accusés d’être soutenus par Kigali, contrôlent toujours des zones clés comme Goma et Bukavu, prolongeant ainsi une crise qui affecte profondément la région.

« La compétition pour le contrôle des ressources naturelles est un facteur de conflit et d’instabilité, mais aussi une source de revenus pour des acteurs locaux ou internationaux qui se livrent à leur exploitation illégale. »

— Jérôme Bonnafont, ambassadeur de la France à l’ONU
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