La République Démocratique du Congo en lice pour un siège au Conseil de l’Union Internationale des Télécommunications
Le ministre des Postes et Télécommunications de la République Démocratique du Congo, Me José Mpanda Kabangu, a marqué un tournant dans la stratégie diplomatique du pays en organisant une soirée dédiée aux ambassadeurs et chefs de missions accrédités à Kinshasa. L’objectif ? Soutenir la candidature de la RDC pour occuper un siège au Conseil de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT), lors des élections prévues à Doha en novembre 2026.
Cette initiative s’inscrit dans une volonté affirmée de la RDC de jouer un rôle central dans la gouvernance mondiale des télécommunications. Me José Mpanda a souligné l’importance de cette candidature, la décrivant comme une opportunité pour le pays de contribuer activement à l’élaboration des politiques internationales en matière de connectivité et d’innovation numérique.
« Notre participation au Conseil de l’UIT reflète notre engagement à hisser la RDC aux standards internationaux en matière de télécommunications. Nous souhaitons porter la voix de l’Afrique et des nations en développement tout en renforçant notre propre position dans ce secteur stratégique », a-t-il déclaré devant un parterre de diplomates.
Un appel à la solidarité africaine et internationale
La RDC, qui abrite le siège de l’Union Africaine des Télécommunications (UAT), met en avant son expérience et son potentiel pour justifier cette candidature. Avec 13 sièges alloués à l’Afrique au sein du Conseil de l’UIT, le pays estime légitime sa demande de représenter le continent.
Me José Mpanda a insisté sur la nécessité d’un soutien actif des ambassadeurs présents, afin de promouvoir la candidature congolaise auprès de leurs gouvernements respectifs. « Nous sollicitons votre appui pour mobiliser les décideurs de vos pays, des ministères des Affaires étrangères aux régulateurs des télécommunications, afin de faire de cette candidature une réalité », a-t-il plaidé.
Il a également mis en avant le potentiel économique de la RDC, soulignant que le pays compte plus de 110 millions d’habitants et près de 74 millions d’abonnements mobiles, faisant de lui l’un des plus grands marchés numériques du continent.
Les quatre piliers de la candidature congolaise
Christian Katende, président de l’Autorité de Régulation de la Poste et des Télécommunications du Congo (ARPTC), a détaillé les engagements concrets de la RDC si sa candidature aboutissait. Ceux-ci se structurent autour de quatre axes majeurs :
- Renforcer la voix de l’Afrique au sein de l’UIT et promouvoir une gouvernance numérique équilibrée.
- Attirer des investissements dans les infrastructures numériques, notamment les réseaux, satellites et centres de données.
- Développer les compétences des régulateurs et des États africains grâce au partage de connaissances et à l’innovation.
- Valoriser les ressources locales, comme les minerais critiques essentiels à la fabrication des semi-conducteurs et des infrastructures d’intelligence artificielle.
« Nous ne voulons plus être de simples spectateurs des transformations numériques. Nous voulons en être les acteurs majeurs, en proposant des solutions adaptées à nos réalités et en renforçant notre compétitivité », a affirmé Christian Katende.
Soutien de la diplomatie congolaise
Noëlla Ayeganagato, vice-ministre des Affaires étrangères, a réaffirmé l’engagement total de la diplomatie congolaise dans cette démarche. Elle a appelé les pays amis à apporter leur soutien à cette candidature, en mobilisant à la fois les canaux bilatéraux et multilatéraux.
« L’UIT est un partenaire clé pour atteindre les objectifs de développement durable. Nous comptons sur les États membres pour porter haut les couleurs de la RDC et faire entendre sa voix dans les instances internationales », a-t-elle déclaré.
Une ambition continentale
La RDC ne cache pas ses ambitions : faire de la prochaine décennie celle d’une Afrique pleinement actrice de la gouvernance mondiale du numérique. En soutenant sa candidature, les partenaires internationaux contribueraient à accélérer l’intégration numérique du continent et à renforcer sa souveraineté technologique.
La formalisation de cette candidature est prévue lors de la Conférence des Plénipotentiaires de l’UIT à Doha en novembre 2026.