Protection des droits LGBT+ : la France porte une résolution devant l’ONU

Une offensive diplomatique pour les libertés fondamentales

La diplomatie française franchit un nouveau cap dans la défense des minorités sexuelles à l’échelle internationale. Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, a officiellement annoncé que la France soumettrait un projet de résolution au Conseil des droits de l’homme des Nations unies. L’objectif est clair : obtenir une interdiction globale de la criminalisation des personnes LGBT+. Cette démarche s’inscrit dans un contexte de lutte contre une tendance conservatrice qui, d’après les observations diplomatiques, gagne du terrain dans de nombreuses régions du monde.

Le durcissement législatif au Sénégal en toile de fond

Cette initiative de Paris survient dans un climat de tension politique marqué par l’évolution de l’actualité au Sénégal. En mars 2026, le président Bassirou Diomaye Faye a promulgué une nouvelle loi renforçant la répression de l’homosexualité. Ce texte, adopté massivement par l’Assemblée nationale sénégalaise, porte désormais les peines d’emprisonnement pour « actes contre nature » à une durée comprise entre cinq et dix ans. Parallèlement, les amendes ont subi une augmentation drastique, pouvant atteindre dix millions de francs CFA.

Le Premier ministre Ousmane Sonko a présenté ce texte comme un acte de souveraineté nationale. Outre les sanctions directes, la loi introduit de nouveaux délits concernant le financement, le soutien ou la promotion de la transsexualité, de la bisexualité et de l’homosexualité. Cette orientation législative avait suscité des mises en garde de la part de Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, qui craignait une violation des engagements internationaux de Dakar.

Un ressortissant français incarcéré à Dakar

L’enjeu est également consulaire pour la France. Depuis la mi-février, un citoyen français est maintenu en détention au Sénégal sous le coup de cette nouvelle législation. Les services diplomatiques à Dakar assurent un suivi régulier de sa situation et restent en contact étroit avec ses proches. Ce cas n’est pas isolé dans le paysage judiciaire local, un jeune Sénégalais ayant récemment écopé d’une peine de six ans de prison ferme pour des motifs similaires.

À ce jour, 62 États dans le monde continuent de pénaliser les relations homosexuelles entre adultes consentants, et onze d’entre eux appliquent toujours la peine de mort. Le calendrier précis du débat sur cette résolution française à Genève reste à définir, mais Paris réaffirme sa volonté de faire progresser l’agenda mondial des droits humains.

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