La capitale du Niger, Niamey, accueille du 24 au 29 août 2024 une étape majeure pour l’intégration régionale : l’ouverture de la première session du Parlement de la Confédération des États du Sahel (AES). Cet événement historique réunit 45 députés issus du Burkina Faso, du Mali et du Niger, marquant le début d’une coopération parlementaire renforcée au sein de cette alliance récente.
Les travaux se tiennent au Centre des conférences Mahatma Gandhi, sous la présidence d’Ousmane Bougouma, président de l’Assemblée législative du Peuple du Burkina Faso et chef de cette session inaugurale. Parmi les personnalités présentes figurent le Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine, représentant le chef de l’État du Niger, ainsi que des responsables des institutions parlementaires des trois pays fondateurs de l’AES.
Un appel à l’unité et à l’intérêt commun
Lors de la cérémonie d’ouverture, Ibrahim Traoré, président en exercice de la Confédération et chef de l’État du Burkina Faso, a exhorté les députés à privilégier l’intérêt général de l’alliance au-dessus des clivages partisans ou des logiques nationales. « L’AES doit incarner une vision unifiée pour répondre aux défis sécuritaires et socio-économiques de la région », a-t-il déclaré.
Le Parlement confédéral, composé de 15 représentants par pays membre selon les critères établis, a pour mission de jeter les bases d’une gouvernance partagée. Cette instance vise à concrétiser les ambitions de l’AES en matière de défense, de sécurité et de développement durable, tout en consolidant les liens entre les nations du Sahel.
Une alliance née d’un retrait stratégique
Créée en juillet 2024, la Confédération des États du Sahel s’est formée après l’annonce officielle, en janvier de la même année, du retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette décision s’inscrit dans une volonté de renforcer l’autonomie et la coopération interafricaine, en dehors des cadres traditionnels.
La première session parlementaire à Niamey symbolise ainsi une étape clé dans la construction d’un espace politique et économique intégré, adapté aux réalités du Sahel. En marge de l’événement, des représentants des parlements du Tchad et du Togo ont également été conviés en tant qu’observateurs, soulignant l’ouverture de l’alliance à d’autres partenaires régionaux.