Le Bénin accélère. Avec un financement de 30 millions d’euros mobilisé par l’Union européenne et la coopération belge, le pays modernise en profondeur le corridor Cotonou-Niamey, long de 729 kilomètres. Objectif : fluidifier le commerce avec le Niger et s’imposer comme le carrefour logistique de l’Afrique de l’Ouest.
Un positionnement géographique qui change tout
Au cœur du golfe de Guinée, le Bénin bénéficie d’une façade maritime naturelle qui en fait le point de passage obligé du Niger, pays enclavé dont l’approvisionnement dépend des ports voisins. La proximité du Nigeria, géant économique à la demande logistique croissante, ajoute une pression supplémentaire sur les infrastructures béninoises. Cotonou l’a compris : pour rester dans la course, elle doit moderniser ses routes et ses douanes.
Deux programmes, une même ambition
Pour concrétiser cette vision, l’Union européenne et Enabel, l’agence de coopération belge, déploient un double dispositif logistique : Cotoni et Proport. Doté d’un budget cumulé d’environ 30 millions d’euros, cet ensemble vise à transformer durablement le corridor Cotonou-Niamey.
Cotoni : 729 kilomètres à réhabiliter
Lancé en mai dernier pour quatre ans, le projet Cotoni (Projet d’appui au développement du corridor Cotonou-Niamey) constitue la pièce maîtresse du dispositif. Son but : moderniser, sécuriser et fluidifier l’axe routier de 729 km qui relie le port autonome de Cotonou à la capitale nigérienne. Quatre piliers structurent l’intervention :
- Gouvernance renforcée : garantir la pérennité des investissements et financer l’entretien régulier du réseau.
- Sûreté du corridor : protéger les transporteurs et supprimer les points de blocage.
- Facilitation des échanges : interconnecter les réseaux logistiques pour intégrer les chaînes de valeur locales, notamment agricoles.
- Performance douanière : optimiser la coordination aux frontières via l’amélioration du poste-frontière juxtaposé.
Vers une intégration régionale des flux
Le corridor ne s’arrête pas à la frontière nigérienne : il s’étend jusqu’aux points de passage vers le Nigeria. À terme, l’objectif est d’offrir aux transporteurs un itinéraire transfrontalier fiable, rapide et sécurisé. Cette démarche s’articule avec d’autres chantiers régionaux, comme le renouvellement du parc de camions béninois et le futur axe autoroutier Abidjan-Lagos, dont l’ouverture partielle est prévue pour 2030. La restructuration douanière, quant à elle, vise à mettre fin aux retards chroniques et à rétablir une fluidité indispensable aux échanges entre États.
Transport Logistique Cotonou : un rendez-vous clé
Les 12, 13 et 14 novembre prochains, Cotonou accueillera la nouvelle édition du salon Transport Logistique Cotonou (TLC). Organisé au Palais des Congrès en partenariat avec le Port autonome de Cotonou et l’ACAM, l’événement réunira plus de 2 000 acteurs économiques de la sous-région. Au programme : échanges sur les enjeux du fret africain et journées portes ouvertes pour découvrir les coulisses du port, des quais d’embarquement aux accès maritimes. Une vitrine pour un pays bien décidé à devenir le moteur logistique de l’Afrique de l’Ouest.