Quarante-neuf jours d’absence. Paul Biya, le président camerounais, n’a plus foulé le sol de son pays depuis son départ pour l’Europe le 7 juin. Ce laps de temps équivaut à la plus longue période d’éloignement enregistrée en 2024. Dans les couloirs de la capitale, Yaoundé, l’attente se fait de plus en plus pesante, tout comme les interrogations qui l’accompagnent.
Une disparition qui rappelle étrangement celle de 2024
Les dernières informations indiquent que Paul Biya séjournerait actuellement dans un établissement hôtelier genevois, à l’instar de l’année précédente. Le gouvernement camerounais a tenté de calmer les rumeurs en précisant, le 18 juin, que le chef de l’État n’était pas hospitalisé dans une clinique de la ville suisse, comme l’affirmaient certaines spéculations.
Pourtant, aucun élément visuel récent ne vient étayer ce démenti. Une absence de preuves qui ne manque pas de nourrir les doutes.
Dimanche dernier, lors de l’émission Droit de Réponse diffusée sur Equinoxe TV, un militant proche du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (Rdpc), Lucien Bidima, a affirmé s’être rendu à l’hôtel InterContinental de Genève. Selon ses déclarations, il y aurait croisé le président, « en pleine forme » et pleinement actif. Mais aucune capture photo ou vidéo n’a été produite pour corroborer ses propos. Une situation qui rappelle davantage une manœuvre de communication qu’une preuve tangible.
Chantal Biya, figure centrale d’un pouvoir sous tension
Cette fois, la première dame, Chantal Biya, occupe une place bien plus visible dans l’appareil d’État. Plusieurs observateurs notent son implication croissante dans la gestion des affaires publiques, son nom étant même évoqué dans certaines nominations. Sa présence récurrente aux côtés du président lors de ses déplacements en Suisse renforce l’idée que son influence s’étend désormais jusqu’aux décisions les plus sensibles.
Le Cameroun, dépourvu de vice-président, se trouve dans une situation constitutionnelle particulièrement fragile. En cas d’incapacité du chef de l’État, c’est le président du Sénat, Aboubakary Abdoulaye, qui devrait assurer l’intérim. Une procédure jamais testée dans ce contexte précis, et qui suscite l’inquiétude d’une partie de la classe politique.
L’incertitude plane : cette absence prolongée annonce-t-elle un tournant politique ou ne s’agit-il que d’une nouvelle parenthèse dans le long mandat de Paul Biya ? Une chose est sûre, le climat politique, déjà marqué par des tensions depuis plusieurs mois, ne contribue pas à apaiser les esprits.