Le Premier ministre Ousmane Sonko a manifesté son mécontentement face au rythme jugé trop lent du traitement des dossiers judiciaires liés à la transparence et à la reddition des comptes. Cette prise de position ferme a eu lieu ce jeudi, lors d’une session du Conseil interministériel.
Au cours des débats, le chef du gouvernement a directement interpellé la ministre de la Justice, Yassine Fall. Après l’exposé de cette dernière, il a soulevé des interrogations critiques sur l’efficacité réelle de l’appareil judiciaire face aux suspicions de malversations dans la gestion publique.
Ousmane Sonko a pointé du doigt l’inertie de certaines procédures et le manque de résultats concrets dans des affaires particulièrement sensibles. Pour lui, cette absence de sanctions visibles alimente un sentiment d’impunité préjudiciable. Il a souligné que d’importants fonds publics auraient été détournés sans que la justice n’ait encore rendu de décisions tangibles, ce qui entache la crédibilité des réformes engagées.
Le Premier ministre a également insisté sur l’impératif de déterminer les responsabilités, qu’elles concernent d’anciens dirigeants ou des responsables actuels du paysage politique et administratif. Il a alerté sur des blocages structurels qui sembleraient entraver le bon fonctionnement de la chaîne pénale dans le traitement de certains litiges financiers.
De son côté, Yassine Fall a tenu à rassurer le gouvernement en affirmant que ses services sont pleinement mobilisés. La garde des Sceaux a rappelé que des efforts sont fournis pour faire progresser les enquêtes, tout en reconnaissant l’existence de freins opérationnels et institutionnels inhérents au système.
Malgré ces explications, le Premier ministre a maintenu ses exigences de célérité et de transparence totale. Il a réitéré que la reddition des comptes demeure une priorité absolue de l’exécutif, indispensable pour garantir la confiance de la population envers les institutions du Sénégal.