Ousmane Sonko dénonce la tyrannie de l’Occident sur les mœurs au Sénégal

Le chef du gouvernement sénégalais, Ousmane Sonko, a pris la parole ce vendredi 22 mai devant l’Assemblée nationale pour exprimer une position ferme sur la souveraineté sociétale du pays. Il a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « tyrannie » exercée par les nations occidentales, qu’il accuse de vouloir imposer l’homosexualité au reste de la planète. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de durcissement législatif majeur au Sénégal.

Début mars, les députés ont adopté une nouvelle loi qui aggrave considérablement les sanctions liées aux relations entre personnes de même sexe. Les peines encourues ont été doublées, passant désormais à une fourchette de cinq à dix ans d’emprisonnement. Ce texte législatif a été officiellement promulgué par le président Bassirou Diomaye Faye le 31 mars dernier, marquant un tournant dans la politique pénale du pays.

Un refus catégorique des pressions extérieures

« Nous observons une forme de diktat. Sur une population mondiale de huit milliards d’individus, un petit groupe occidental, où ces débats ne sont d’ailleurs pas clos, tente d’imposer sa vision au monde entier grâce à son influence médiatique », a martelé Ousmane Sonko. Le Premier ministre a insisté sur le fait que le Sénégal n’avait aucune leçon de morale à recevoir de l’étranger, visant particulièrement les critiques émises depuis l’Europe.

Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko prononce un discours lors d'une conférence à l'université Cheikh Anta Diop de Dakar, le 16 mai 2024

Le chef de l’exécutif a également souligné la solidarité tacite d’autres blocs géopolitiques, notant qu’aucun État africain, arabe ou asiatique n’avait formulé de reproches à l’encontre du Sénégal. Il a d’ailleurs prévenu que si la situation l’exigeait, la législation pourrait être encore renforcée pour répondre aux attentes de la société sénégalaise, majoritairement musulmane.

Aucun moratoire sur les nouvelles sanctions

Face aux sollicitations d’un collectif de personnalités d’origine africaine ayant réclamé la suspension de l’application de cette loi, Ousmane Sonko s’est montré inflexible. Dans une tribune publiée récemment dans la presse étrangère, ces auteurs s’inquiétaient d’un climat de tension dans le pays. Le Premier ministre a balayé ces arguments, affirmant qu’il n’y aurait aucun moratoire et dénonçant une partie des élites qu’il juge complexées face aux valeurs occidentales.

En conclusion, Ousmane Sonko a appelé l’appareil judiciaire à veiller à une application « totale, impersonnelle et parfaite » de la loi. L’objectif affiché par les autorités est de mettre un terme définitif à ce qu’elles considèrent comme une prolifération de pratiques contraires aux fondements culturels et religieux du Sénégal.

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