Ouagadougou plaide pour une UA plus solidaire et réformée

L’Union africaine face à ses défis : le Burkina Faso exige des changements radicaux

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a rencontré le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahamoud Ali Youssouf, lors de sa visite officielle au Burkina Faso. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d’une tournée diplomatique couvrant également le Mali et le Niger, trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Les discussions ont porté sur les relations entre l’UA et le Burkina Faso, ainsi que sur les défis communs que rencontrent les pays de l’AES. Parmi les thèmes abordés figuraient la stabilité politique et sécuritaire au Burkina Faso, les collaborations régionales, le dialogue en cours avec la CEDEAO, et surtout, les réformes nécessaires au sein de l’UA.

Mahamoud Ali Youssouf a souligné l’objectif de sa mission : renforcer la coopération entre l’organisation panafricaine et le Burkina Faso. Il a évoqué une stratégie en trois axes pour le Sahel, centrée sur la gouvernance, la sécurité et le développement. L’UA souhaite concrétiser ce partenariat en déployant des projets concrets bénéficiant directement aux populations locales.

De son côté, le ministre Traoré a rappelé la création de l’AES, née d’un manque de solidarité continentale face à l’insécurité grandissante. Il a appelé l’UA à engager des réformes ambitieuses pour répondre aux frustrations des États africains, souvent contraints de prendre des initiatives unilatérales pour assurer la sécurité de leurs citoyens.

Traoré a également proposé des pistes pour moderniser l’UA, comme l’autonomie financière, un levier essentiel pour libérer les décisions stratégiques du continent des influences extérieures. Il a aussi insisté sur l’importance d’une communication transparente pour promouvoir les progrès et contrer les désinformations.

Enfin, le chef de la diplomatie burkinabè a plaidé en faveur d’une diplomatie inclusive et de proximité, afin de renforcer la cohésion entre les États membres et de rendre l’organisation plus réactive aux réalités locales.

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