Nouvelle attaque jihadiste à l’aéroport de Niamey : 13 morts, dont 11 soldats

Niger13 morts dont 11 soldats dans une incursion jihadiste à l’aéroport

Selon des résidents, les premiers coups de feu ont débuté à 06h (05h GMT) et ont duré au moins deux heures.

Jeudi 18 juin à l’aube, une attaque jihadiste a visé l’aéroport international de Niamey, faisant au moins treize morts : onze militaires et deux civils. Des assaillants, dont plusieurs portaient des ceintures explosives, ont tenté de pénétrer dans l’aérogare, mais les forces de sécurité ont réussi à les stopper. Le ministère de la Défense a communiqué un bilan provisoire, précisant que 22 jihadistes avaient été neutralisés et une vingtaine d’autres interpellés. Quatre blessés sont également à déplorer du côté des forces nigériennes.

Cette nouvelle offensive intervient six mois après une première attaque d’envergure contre le même aéroport, revendiquée par l’État islamique. Le Niger est dirigé depuis juillet 2023 par un régime militaire issu d’un coup d’État, qui peine à endiguer la violence jihadiste. Fin janvier, l’aéroport et la base militaire voisine avaient déjà subi des tirs nourris, repoussés avec l’aide de partenaires russes.

Opération de ratissage

Selon des riverains, les premiers échanges de tirs ont été entendus vers 6h locales (5h GMT) et ont duré près de deux heures. Les combats se sont concentrés à un poste de contrôle sur l’unique route d’accès à l’aéroport, à quelques centaines de mètres de l’entrée. Une source aéroportuaire a indiqué que les assaillants sont arrivés à bord de taxis et se sont heurtés à une « résistance farouche » des forces de l’ordre. Vers 10h, le calme était revenu, mais les terroristes se sont dispersés dans les quartiers voisins, où les militaires mènent de vastes ratissages. De nombreux assaillants ont été abattus ou capturés avec l’aide de la population, selon la même source.

L’aéroport de Niamey est un site hautement sensible. En décembre et janvier, il abritait une importante cargaison de concentré d’uranium, bloquée dans l’attente d’une exportation. Aucun mouvement de cette cargaison n’a été signalé depuis. Après l’attaque de janvier, le général Abdourahamane Tiani, chef de la junte, avait évoqué une « faille dans le dispositif » qui avait permis l’offensive, dont l’objectif était de détruire les capacités aériennes de l’armée. En réponse, les autorités ont renforcé la sécurité : le mur d’enceinte a été prolongé et plus de 350 caméras installées à l’intérieur comme à l’extérieur. De vastes destructions de quartiers autour de l’aéroport ont également été menées ces dernières semaines.

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