Maroc et France renforcent leur alliance stratégique au sommet de Rabat
- Convergence politique et stratégique
- La dimension humaine, cœur battant du partenariat
- Une nouvelle dynamique pour les relations bilatérales
- Accords et engagements signés
Lors de cette XVe réunion de haut niveau, Aziz Akhannouch, chef du gouvernement marocain, a souligné l’importance historique de cet événement, déclarant que « ces travaux interviennent dans un moment charnière du parcours commun engagé depuis octobre 2024. Ils offrent une opportunité unique de faire le point sur les avancées réalisées et d’accélérer la concrétisation des engagements pris dans le cadre de ce partenariat d’exception ».
M. Akhannouch a salué l’engagement renouvelé du président français Emmanuel Macron, qui a permis de donner une nouvelle impulsion à cette coopération, consolidant ainsi un partenariat d’exception entre le Maroc et la France.
Convergence politique et stratégique
Dans un contexte international marqué par l’instabilité et les défis multiples, le Maroc et la France ont renforcé leur dialogue politique et stratégique, partageant une vision commune de stabilité, de coopération et de développement. Leur approche s’appuie sur la confiance mutuelle, la responsabilité partagée et le respect des intérêts communs.
« Cette convergence trouve un écho particulier en Méditerranée, en Afrique et dans l’espace atlantique, notamment après la position claire de la France en faveur de l’intégrité territoriale du Maroc et de la marocanité du Sahara. Cette stance a contribué à créer un climat de confiance renforcé entre les deux nations », a expliqué M. Akhannouch.
Le Premier ministre marocain a également mis en avant les progrès réalisés dans les domaines économique, industriel, énergétique et logistique, grâce à la dynamique initiée lors de la visite d’État du président Macron à Rabat en octobre 2024.
Aziz Akhannouch a insisté sur la solidité et la qualité de cette coopération, portée par l’émergence de nouvelles chaînes de valeur, où le secteur bancaire occupe une place centrale dans les échanges économiques bilatéraux.
Les deux pays ont également exprimé leur volonté commune de promouvoir les transformations technologiques, en mettant l’accent sur l’intelligence artificielle, la digitalisation, la recherche appliquée et d’autres secteurs clés pour renforcer la compétitivité des économies marocaine et française.
La dimension humaine, cœur battant du partenariat
Ce partenariat stratégique dépasse les simples accords économiques pour s’enraciner dans une conviction profonde : la richesse des liens humains entre les deux sociétés. La dimension humaine, qui inclut universitaires, chercheurs, entrepreneurs, artistes, créateurs et diaspora, joue un rôle essentiel dans le rapprochement des peuples et le renforcement des échanges culturels, a rappelé M. Akhannouch.
Sur le plan du capital humain, M. Akhannouch a confirmé que les deux pays poursuivent leurs efforts en faveur de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique, de la formation professionnelle, de l’innovation et de la mobilité des talents.
Les deux gouvernements attachent une importance particulière à la coopération culturelle, à la promotion du dialogue interculturel, à la valorisation du patrimoine commun et au renforcement des échanges humains, qui constituent le socle vivant et durable de leur relation.
Le Maroc et la France ont réaffirmé leur ambition de projeter leur partenariat bilatéral vers l’avenir, en ouvrant une nouvelle phase stratégique. Cette dynamique s’inspire de la vision du roi Mohammed VI et de l’engagement présidentiel français à consolider une coopération adaptée aux défis du XXIe siècle.
Les deux gouvernements se sont engagés à traduire les promesses politiques en actions concrètes, afin de bâtir un partenariat plus performant, innovant et capable de relever les défis économiques, technologiques, géopolitiques et humains communs.
Une nouvelle dynamique pour les relations bilatérales
Sébastien Lecornu, Premier ministre français, a qualifié cette réunion d’historique, marquant un tournant dans les relations bilatérales en concrétisant les engagements pris lors de la visite d’État du président Macron à Rabat en octobre 2024.
L’objectif principal, selon lui, était de donner une nouvelle dimension au partenariat maroco-français, en établissant des liens privilégiés — interministériels, politiques, diplomatiques, économiques et culturels — pour instaurer une gouvernance spécifique entre les deux pays.
« La France et le Maroc visent à consolider un partenariat stratégique qui, au-delà de renforcer leur relation privilégiée avec l’Union européenne, servira de pont vers une coopération renouvelée, fondée sur des intérêts communs et orientée vers le développement et la stabilité du continent africain », a expliqué M. Lecornu, réaffirmant le soutien de Paris au plan d’autonomie pour une solution définitive au conflit du Sahara.
Les deux pays ont réaffirmé que la sécurité restera un pilier central de leur partenariat stratégique, aux côtés des grands enjeux démographiques et environnementaux qui touchent le continent africain.
Ils ont également convenu de renforcer leur coordination dans la lutte contre le terrorisme et les menaces transnationales, convaincus que la stabilité régionale exige une action diplomatique et sécuritaire conjointe et renforcée.
Les gouvernements marocain et français ont convenu de passer à une nouvelle phase de leurs relations bilatérales, en lançant une dynamique visant à élever la coopération franco-marocaine au-delà du cadre bilatéral, en en faisant un levier au service du développement, de la stabilité et de l’intégration du continent africain.
Sébastien Lecornu a conclu en soulignant que cette réunion marque une nouvelle étape dans l’approfondissement du partenariat franco-marocain. Cette dynamique préparera la future visite d’État du roi Mohammed VI en France, qui pourrait aboutir à la signature d’un traité d’amitié exceptionnel, consolidant un partenariat stratégique sans précédent.
Accords et engagements signés
Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères marocain, et Jean-Noël Barrot, son homologue français, ont signé une lettre d’intention sur la coopération en matière de politique étrangère féministe, visant à renforcer la diplomatie féministe aux niveaux ministériel et international.
Par ailleurs, Nadia Fettah, ministre marocaine de l’Économie, et Roland Lescure, son homologue français, ont signé un protocole d’accord pour financer le programme de la ligne à grande vitesse entre Kénitra et Marrakech.
Une déclaration commune a également été signée, complétant ce protocole dans le domaine de l’eau. Ce document a été paraphé par Nadia Fettah, Roland Barrot et Catherine Bonnaud, directrice de l’Agence française de développement (AFD) au Maroc, précisant les engagements pris dans l’accord du 28 octobre 2024 relatif au soutien à la politique nationale de l’eau.
Dans le secteur éducatif, Mohamed Berrada, ministre marocain de l’Éducation, et Eléonore Caroit, ministre déléguée française à la Francophonie, ont signé une déclaration d’intention pour l’enseignement de l’arabe et de l’histoire-géographie dans les établissements scolaires français du Maroc, favorisant ainsi l’acquisition d’une compétence bilingue.
Le ministre marocain des Transports et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, et son homologue français, Philippe Tabarot, ont signé un plan d’action triennal (2026-2028) pour renforcer la coopération technique dans le domaine de l’aviation civile.
Abdessamad Kayouh a également signé un accord de partenariat avec François Lambert, directeur de l’École nationale supérieure maritime française (ENSM), pour consolider les échanges scientifiques et pédagogiques entre l’ENSM et l’Institut supérieur d’études maritimes (ISEM) marocain.
Dans le secteur postal, Ryad Mezzour, ministre marocain de l’Industrie et du Commerce, et Christelle Geneste Defaye, représentante de La Poste France, ont conclu un accord de coopération pour adapter les services postaux aux nouveaux défis et renforcer la collaboration entre les deux opérateurs.
Dans le domaine culturel, Mohamed Mehdi Bensaid, ministre marocain de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, et Catherine Pegard, son homologue française, ont signé deux déclarations d’intention : l’une sur la coopération cinématographique et audiovisuelle en Afrique, et l’autre sur les échanges artistiques.
M. Bensaid a également signé un accord stratégique avec Anne-Claire Legendre, présidente de l’Institut du monde arabe, pour établir un cadre de coopération culturelle, intellectuelle et citoyenne.
Hammou Bensaadout, directeur général du Laboratoire public d’essais et d’études (LPEE), et le directeur général du Centre d’études et d’expertises sur les risques et l’environnement (CEREMA) français, ont signé un accord-cadre couvrant divers domaines comme l’ingénierie des sols et l’expertise des infrastructures portuaires et maritimes.
Enfin, Abdelaziz El Hraiki, directeur de l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, et Jean-Paul Laclau, directeur général délégué à la recherche et à la stratégie du CIRAD français, ont signé un accord scientifique couvrant l’agriculture, la médecine vétérinaire et les sciences halieutiques.