Manioc et études à N’Djamena : le pari de Léa

N'Djamena : Léa vend du manioc

Pour de nombreux élèves, les vacances ne riment pas avec repos. À N’Djamena, Léa, une lycéenne de seconde résidant dans le quartier Kilwiti, a choisi de vendre du manioc. Chaque jour, elle parcourt les rues de la capitale avec une cuvette sur la tête, à la recherche d’acheteurs.

« Je vis avec ma mère à Kilwiti. Je profite des vacances pour vendre du manioc afin de préparer la rentrée scolaire », dit-elle. Le prix du manioc varie entre 50 et 500 FCFA. Comme Léa, de nombreuses jeunes filles se lancent dans ce petit commerce, mais l’activité n’est pas sans difficultés.

« Le manioc est devenu cher. Certains clients pensent que nos portions à 100 ou 200 FCFA sont trop élevées. Ils ignorent que nous achetons le produit à un prix élevé ; nous ne pouvons pas vendre à perte », raconte-t-elle. Heureusement, une partie de la clientèle comprend leur situation et les encourage. Le Tchad est confronté à une pauvreté importante : 44,8 % de la population vit sous le seuil de pauvreté national, et 36,5 % survit avec moins de 2,15 dollars par jour. Le pays possède l’un des indices de capital humain les plus faibles, limitant les opportunités pour les jeunes.

Une prise de conscience face à l’avenir

Au-delà du besoin financier immédiat, cette initiative montre une évolution des mentalités chez les jeunes Tchadiens. Face à l’incertitude du marché du travail et aux difficultés pour l’école de garantir un avenir stable, ces élèves comprennent l’importance d’acquérir de nouvelles aptitudes et une autonomie financière dès le plus jeune âge. En parallèle de leurs études, ils apprennent la discipline et les réalités du monde des affaires.

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