La stratégie française face à la tourmente malienne semble prendre un nouveau tournant, porté par des voix influentes au sein de l’appareil législatif à Paris. Bruno Fuchs, président de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, dessine les contours d’une possible sortie de crise qui brise les tabous diplomatiques habituels.
La fin annoncée de la junte à Bamako
Le constat dressé est sans appel : l’éviction des forces françaises du territoire malien est perçue comme un acte préjudiciable pour la stabilité du pays. Selon cette analyse, le pouvoir actuel à Bamako se trouve dans une position de fragilité extrême face à la montée en puissance du JNIM et des forces rebelles du FLA. Les prévisions suggèrent une chute imminente du régime de transition dans les semaines ou mois à venir.
L’option audacieuse de la négociation avec le JNIM
L’aspect le plus disruptif de cette vision concerne l’avenir du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM). Malgré son affiliation à al-Qaïda, le groupe pourrait être amené à jouer un rôle dans la future gouvernance du pays. L’idée avancée est que le JNIM serait disposé à cesser les hostilités en échange d’une participation à la vie politique nationale, sans pour autant chercher à prendre le contrôle total de l’État.
Cette perspective soulève des interrogations éthiques majeures pour la communauté internationale. Faut-il soutenir une transition incluant des acteurs armés radicaux ? C’est le dilemme qui se pose désormais, tant pour les partenaires européens que pour les populations locales.
Entre modèle fédéral et risque d’afghanisation
Deux trajectoires se dessinent pour l’avenir institutionnel du Mali. La première privilégie une transition courte, de trois à six mois, menant à des élections sous l’égide d’une figure militaire plus consensuelle qu’Assimi Goïta. Ce schéma pourrait s’inspirer du modèle nigérian, avec un État fédéral où certaines régions appliqueraient la charia, garantissant ainsi une forme de représentativité pour chaque communauté.
À l’opposé, le scénario du pire est celui d’une « afghanisation » du Sahel. Si la junte refuse toute discussion et finit par s’effondrer brutalement, le vide sécuritaire pourrait déstabiliser non seulement le Mali, mais aussi ses voisins comme le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Bénin ou le Togo.
Le retrait supposé des forces russes
Concernant la présence étrangère, des mouvements indiqueraient que les forces russes préparent leur retrait. Des négociations seraient en cours pour sécuriser leurs actifs économiques, notamment l’exploitation des mines d’or, avant un éventuel départ. Cette situation laisserait le champ libre à une redéfinition de l’influence internationale, où la France tente de se repositionner comme un partenaire fiable, loin des vieux réflexes de la Françafrique, tout en gardant un œil critique sur la gestion des ressources naturelles maliennes.