Mali : une attaque djihadiste d’une violence inouïe frappe le camp militaire de Dioura

Le camp militaire de Dioura, situé dans le centre du Mali, a été la cible d’une offensive djihadiste d’une rare intensité, jeudi 10 septembre. Le bilan humain est lourd : entre 50 et 80 militaires maliens et membres d’Africa Corps (ex-Wagner) ont perdu la vie, selon les autorités locales qui ont confirmé l’information lundi 14 septembre. Ces mêmes autorités ont annoncé le lancement d’« opérations aéroterrestres contre les assaillants ».

Dans un communiqué publié dimanche, l’armée malienne a précisé que ces opérations avaient permis la « neutralisation » de « plusieurs éléments terroristes à motocyclette qui tentaient de se dissimuler sous un couvert végétal », au sud-ouest de la ville.

Un bilan humain qui s’alourdit

L’attaque, revendiquée dès jeudi par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a également entraîné la capture de plusieurs dizaines de soldats maliens, d’après des sources sécuritaires et locales. Un officier présent sur les lieux a confirmé que « le bilan est élevé ». Une source sécuritaire à Mopti a fait état de « plus de 60 soldats tués dans l’attaque, en plus d’une soixantaine d’autres prisonniers ». Un élu local évoque quant à lui « au moins 80 militaires tués et de nombreux prisonniers ».

Malgré une quinzaine d’années de conflit, cette attaque contre le camp de Dioura s’avère être l’une des plus meurtrières subies par l’armée malienne. Selon une source, « les djihadistes ont attaqué le camp de Dioura et sont revenus le lendemain […] l’armée n’a pas envoyé de renforts sur place ».

Un contexte sécuritaire toujours plus critique

Depuis 2012, le Mali est confronté à une crise sécuritaire profonde, alimentée par les violences de groupes djihadistes, de leurs alliés indépendantistes touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et de groupes criminels communautaires. Le pays, dirigé par une junte, s’est rapproché de la Russie, dont les paramilitaires du groupe Africa Corps l’aident dans sa lutte antidjihadiste.

La situation s’est encore dégradée depuis fin avril 2026. Les djihadistes du JNIM, alliés à la rébellion du FLA, avaient alors lancé une série d’attaques coordonnées contre des positions stratégiques de la junte et de l’armée dans plusieurs villes, y compris aux abords de Bamako, la capitale. Ces attaques ont notamment coûté la vie au ministre de la Défense.

Le 18 juillet dernier, au moins 50 autres militaires avaient déjà été tués au Mali. La coalition d’indépendantistes touaregs et de djihadistes avait alors tendu une embuscade contre un convoi de l’armée qui quittait la ville stratégique d’Anéfis, dans le nord du pays, pour se rendre dans la grande ville de Gao.

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